Afrique : La montée en puissance du gaz, nouveau levier de transformation économique

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L’Afrique s’apprête à connaître une transformation économique majeure grâce à l’essor rapide de la production gazière, selon NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. Dans son analyse tirée du rapport The State of African Energy, il affirme que le gaz naturel sera au cœur de l’avenir énergétique du continent et constitue le seul combustible fossile dont la demande mondiale devrait augmenter d’ici 2050.

L’Afrique subsaharienne, futur moteur mondial du gaz

Alors que l’Afrique du Nord domine encore la production, sa part devrait tomber sous les 40 % d’ici 2035. L’expansion sera désormais tirée par l’Afrique subsaharienne, qui détient 70 % des ressources gazières récupérables du continent, soit plus de 400 000 milliards de pieds cubes.

Le Nigeria, porté par sa stratégie de la « Décennie du gaz », devrait conduire cette dynamique, suivi par des producteurs émergents tels que le Mozambique, la Tanzanie, le Sénégal, la Mauritanie et l’Angola. Des projets phares – Coral Sul (Mozambique), Greater Tortue (Sénégal/Mauritanie) ou encore Congo LNG – ont déjà transformé la région en bassin d’exportation stratégique.

La montée en puissance du gaz offre un double levier : Exportations : l’Afrique a livré 34,7 millions de tonnes de GNL en 2024. Avec l’arrivée de la Tanzanie, l’offre subsaharienne pourrait quadrupler d’ici 2050, soutenue par sa proximité avec les marchés européens et asiatiques. Développement national : le gaz accélère l’électrification et soutient l’industrie. Le Nigeria dispose déjà d’une capacité de 12,6 GW d’électricité au gaz ; le Ghana et le Mozambique suivent avec 2,9 GW et 1,1 GW. Plusieurs pays – Sénégal, Afrique du Sud, Angola, Côte d’Ivoire – prévoient d’étendre massivement leurs infrastructures.

Le gaz stimule également l’essor de secteurs stratégiques comme les engrais, les produits pétrochimiques et le transport au gaz naturel.

Des défis structurels à surmonter

Malgré un potentiel gigantesque, quatre obstacles majeurs freinent l’essor du gaz africain :Économie en amont : les futurs projets, souvent basés sur du gaz non associé, nécessitent des prix compétitifs pour attirer les investissements. Accès au marché : des contrats à long terme et des acheteurs fiables sont essentiels pour assurer une monétisation durable. Infrastructures insuffisantes : pipelines et installations GNL restent limités, créant un cercle vicieux entre demande et investissement. Risque pays et fiscalité : la stabilité politique, la clarté réglementaire et des incitations équilibrées conditionnent l’appétit des investisseurs.

Un combustible clé de la transition africaine

Plus propre que le charbon ou le pétrole, le gaz apparaît comme le combustible de transition privilégié pour l’Afrique. Sa montée en puissance peut garantir la sécurité énergétique, générer des revenus d’exportation, réduire les importations de produits industriels et créer des millions d’emplois.

Selon NJ Ayuk, si les pays africains améliorent la coordination entre amont, infrastructures et consommation locale, le gaz ne fera pas que croître : il transformera durablement l’économie africaine.

Aimé Kouassi