Elfried DIDEHIA, le Stratège aux Commandes de Djamo Finances

Djamo Finances SA a officiellement démarré ses activités en septembre 2025

C’est en plein milieu d’une après-midi ensoleillée que nous avons rendez-vous, au siège de Djamo Finances, pour une discussion informelle avec Elfried DIDEHIA. Tenue simple et décontractée, manches retroussées, de prime abord, le dirigeant de cet établissement de microfinance est à l’image que l’on se fait du code vestimentaire dans une startup. Pourtant, de son propre aveu, rien ne prédestinait cet ancien pensionnaire du Collège Notre Dame d’Afrique de Biétry (CNDA) à piloter l’un des projets les plus avant-gardistes de cette dernière décennie, dans le microcosme des Fintech, en Afrique de l’Ouest.

« Je ne peux pas dire qu’il est typique, mais il y a eu quelques surprises ! » Confie-t-il, d’emblée, au sujet de son parcours. Et pour cause. Promis, au départ, à une carrière dans l’expertise comptable, en cours de route, il se dirige finalement vers la finance internationale. Aujourd’hui, il est l’une des figures de proue de la finance digitale en Afrique de l’Ouest.

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« Mon Baccalauréat en poche, j’ai fait 2 ans d’expertise comptable au sein de la prépa du CNAM-INTEC — l’antenne de l’Institut National des Techniques Économiques et Comptables du Conservatoire National des Arts et Métiers — d’Abidjan, puis j’ai travaillé pendant un an dans un cabinet d’audit sur des missions de commissariat aux comptes, de conseils (…) Cette expérience en cabinet d’audit m’a permis de me rendre compte que je ne me voyais pas dans la comptabilité. » Explique-t-il avec un sourire empli d’un brin de nostalgie.

Suite à ce constat, il part, en 2005, se former à Paris School of Business (France) et, à partir de là, c’est le moment déclencheur ! Stages, alternances dans une société d’investissement, en salle de marché, les choses prennent rapidement forme et il occupe très vite des poste d’analystes, notamment dans le trading, dans des firmes, bien implantées sur le marché, fournissant, entre autres, des rapports de notation ou travaillant déjà, à l’époque, sur le « Financement Innovant ».

« Nos clients étaient des multinationales industrielles ou bancaires qui achetaient nos rapports, selon différents niveaux de complexité. C’était vraiment très sophistiqué et intéressant. » Se remémore Elfried DIDEHIA.

Cependant, 7 ans plus tard, cette expérience ne lui suffit plus ! Il a besoin de changement, de s’immerger un peu plus dans les profondeurs du vaste océan de la finance, d’en visiter tous les aspects, tous les recoins. Sa curiosité le conduit vers le secteur dynamique de la banque où il assume, pour le compte des diverses enseignes dans lesquelles il officie, les fonctions de chef analyste spécialiste des multinationales en Afrique, de Directeur crédit, etc.

« Je suis rentré dans la filiale, à l’international, d’un groupe bancaire Africain, y est travaillé pendant 2 belles années très enrichissantes, puis ai été appelé par un autre groupe bancaire Africain concurrent, également sur sa filiale internationale, avant d’être, ensuite, approché par la première institution panafricaine spécialisée dans la mésofinance. » Indique-t-il.

La rencontre qui change tout !

Ces 2 ans et demi, en tant que Directeur crédit groupe, puis, en parallèle, Directeur Général de la filiale Gabonaise de cette mésofinance fortement présente en Afrique de l’Ouest et Centrale, ont peut-être été le temps nécessaire pour doter Elfried DIDEHIA de l’expérience nécessaire pour embrasser le challenge Djamo et de l’expertise requise pour, désormais, diriger sa microfinance.

En effet, à la période où il fait ses premiers pas avec cette mésofinance, Elfried DIDEHIA termine un Executive Program du MIT — Massachusetts Institute of Technology — sur les stratégies de digitalisation des entreprises. Passionné du développement de l’Afrique par l’innovation financière, il entend parler d’une startup Ivoirienne révolutionnaire à fort potentiel : Djamo !

« Il y a un acteur qui est en train de s’installer, qui veut faire de la finance digitale et donc ça peut être intéressant pour toi. » Se rappelle-t-il à propos de son premier contact avec la Fintech.

3 ans plus tard, les étoiles s’alignent ! Sa rencontre avec Hassan Bourgi, qui l’introduit, ultérieurement, à une autre, cette fois-ci avec Régis Bamba, lui ouvre les portes de la startup qu’il rejoint au départ, en qualité de Directeur des Solutions Financières.

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« Directeur des Solutions Financières, c’était la fonction en attendant la demande d’agrément d’institution de microfinance auprès de la BCEAO — la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. A la vérité, j’ai été embauché pour préparer et piloter le projet. » Confesse Elfried DIDEHIA pendant notre entretien.

Cette information révélée, la licence — permettant dorénavant à Djamo de proposer des services financiers réglementés, notamment des comptes d’épargne rémunérés jusqu’à 6 %, des crédits de trésorerie allant jusqu’à 1 million FCFA et des comptes courants — obtenue, la nomination au poste Directeur Général de « l’Un des Principaux Artisans » de la venue au jour, sur le marché, de Djamo Finances, Elfried DIDEHIA, coule de source.

Créer les services financiers de demain !

« Au départ le métier principal de Djamo, c’était dans le paiement, mais les Co-Fondateurs avait déjà l’intuition, l’intention de créer les services bancaires de demain, des services bancaires innovants. Ils ont aussi eu la modestie de s’adjoindre les services de quelqu’un comme moi, issu de l’industrie financière et bancaire, pour renforcer leurs équipes, et de m’associer à leur vision : Le développement d’une microfinance. » Partage-t-il.

Actuellement, cela fait plus de 6 ans que Djamo bouleverse, positivement, la vie de nombreux ménages, à travers son application, sa carte Visa, etc. qui ont été et demeurent son point d’entrée dans l’écosystème des services financiers. Pour Elfried DIDEHIA, ce succès, porté par l’accueil favorable, par le public et le marché, des solutions proposées par la startup se résume en 2 mots : L’écoute active !

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« Très à l’écoute des populations, nous sommes dans une logique d’innovation perpétuelle car, pour nous, aujourd’hui, c’est déjà hier ! Nous avons entendu les retours du public, de nos usagers, du marché, qui demandaient de prolonger l’expérience de paiement vers d’autres services financiers. Je pense, il me semble, qu’ils sont ravis que leur souhait soit désormais exaucé (…)

Concernant l’obtention de notre agrément, Il faut savoir que le processus est relativement long. Il demande une certaine patience et de l’abnégation (…) Vous avez un ensemble d’interactions avec le Ministère des Finances, avec l’Agence Nationale de la Banque Centrale, puis au siège même de la BCEAO (…)

Pour Djamo Finances, on a commencé par finaliser le modèle financier, le business plan, la stratégie, déposé notre dossier de demande d’agrément et dès que nous avons obtenu la fameuse approbation, nous avons immédiatement démarré les activités. » Détaille ce passionné d’innovation financière.

Des résultats déjà visibles

Préparation du lancement de l’activité avec toutes les équipes produits et les équipes techniques, pilotage, démarrage et, depuis bientôt 5 mois, gestion de Djamo Finances SA, de bout en bout, Elfried DIDEHIA a été de toutes les étapes du projet. Maintenant que le rêve est devenu réalité, il réalise le chemin parcouru. Un chemin dont les premiers résultats, encourageants, se voient dans les chiffres et les indicateurs de performance.

« Par exemple, que ce soit sur la carte qui était plafonné à 2 millions FCFA, ils sont nombreux avoir voulu que ce plafond soit revu. Pour le lever, il fallait donc sortir de la microfibre de la monnaie électronique (…) Ainsi, en ouvrant la branche microfinance de Djamo, c’est aussi une discipline d’épargne — déjà impulsée grâce à l’épargne non-rémunérée du coffre Djamo et poursuivie plus encore sur les comptes d’épargne Djamo Finances — que nous inculquons dans une région où l’éducation financière, l’inclusion financière et la mobilisation de l’épargne locale (en particulier à long terme) demeurent un défi majeur pour la plupart des États. » Estime-t-il.

« Aujourd’hui, on a 2 fois plus d’avoirs en compte d’épargne que nous en avions sur nos coffres Djamo ! Des dizaines de milliers de clients reçoivent leur salaire sur Djamo et, bien entendu, quand ils ont des petits pépins, des besoins de trésorerie, notre offre de crédit permet de les dépanner, pour des montants mensuels de 25.000 FCFA à 1.000.000 FCFA, que nous travaillons à assortir de maturités de crédit plus longues (6 mois, 12 mois, 24 mois, 36 mois, etc.). Le déploiement, en cours, de notre QR Code, pour plus de célérité des paiements et retraits de nos usagers, est également un projet qui nous tient à cœur. » Souligne Elfried DIDEHIA.

p Estimation de la Progression Moyenne des Collectes de Djamo Finances
Graphique : KOFFI-KOUAKOU Laussin
La Tech au cœur de la Finance, c’est ce que nous retenons de cet entretien exclusif avec le visage de Djamo Finances SA. Éclaircissant d’ailleurs cette notion, cette image, au cours nos échanges, Elfried DIDEHIA déclare : « La vision, c’est de mettre la technologie au service de la finance, pour faciliter le parcours client et réduire les coûts de transaction. C’est l’ADN de Djamo et il déteint, logiquement, sur Djamo Finances (…) A peine démarrée, l’activité connaît une croissance tellement forte que les chiffres — que je livre aujourd’hui — seront sûrement caducs d’ici 3 mois. Toutefois, pour donner un ordre de grandeur, nos collectes mensuelles ont grimpé de 20 % chaque mois et nous projetons que cette forte accélération se soldera par une augmentation de 300 % à l’échelle annuelle. En outre, 4 mois après avoir opéré la migration des coffres, nous observons non seulement que la collecte de l’épargne a plus que doublé, mais également que nous avons plusieurs centaines de milliers de comptes courants ouverts ! Disposant de plus de capacités, en termes de services de base, Djamo Finances est le prolongement, l’extension de Djamo ! »

KOFFI-KOUAKOU Laussin

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