Crise des entreprises privées à Korhogo : des créances en suspens et des risques de fermeture après les violences d’octobre 2020

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 La vie économique locale est toujours sous tension près de six ans après les violences politiques qui ont marqué la période d’octobre 2020. Des chefs d’entreprises privées, opérant notamment dans le domaine du transport de manganèse, affirment que leurs sociétés sont aujourd’hui « croupies sous les crédits bancaires » et menacées de fermeture après la destruction d’actifs clés lors d’un incendie attribué à des actes de désobéissance civile.

Selon Silué Karna Souleymane, directeur de la Société Ivoirienne de Livraisons de Travaux Publics et de Matériels de Construction de Transport (S.I.L.T.P-M.C), les entrepreneurs seraient poursuivis par les banques qui « ont mis des huissiers de justice pour saisir les biens de l’entreprise ». Le matériel, dont des camions-bennes utilisés pour le transport du manganèse, aurait été entièrement brûlé dans la nuit du 30 au 31 octobre 2020, lors d’un incident intervenu près de Yamoussoukro et mettant en cause des camions provenant d’une société minière indienne.

Les responsables dépeignent une situation où les revenus et les capacités de remboursement des crédits contractés auprès des banques sont gravement affectés. « Le matériel qui pouvait nous permettre de rembourser nos crédits a été incendié, détruit. Nous n’avons pas pu les remplacer », résume l’un des porte-parole des entreprises. Le récit évoque aussi des tensions fiscales et une pression accrue des services d’impôt, avec des poursuites judiciaires qui pourraient conduire à la fermeture des structures et au licenciement du personnel.

L’affaire est d’autant plus sensible que les camions touchés transportaient des cargaisons précieuses à savoir :  environ 33 tonnes de manganèse dans le premier véhicule et 51 tonnes dans le second, selon les mentions des plaques d’immatriculation et des détails fournis par les dirigeants. Les témoins évoquent une attaque dans la zone semant l’effroi et provoquant des dommages matériels importants.

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Face à cette situation, les entreprises demandent au président de la République, SEM Alassane Ouattara, d’intervenir comme recours pour faciliter une solution, soit par un mécanisme de soutien financier, soit par un cadre permettant de rééchelonner les dettes et de protéger l’emploi. « Nous lançons un SOS », affirment-elles, soulignant qu’elles n’avaient pas encore reçu d’assistance officielle au moment des faits.

Rappelons qu’à Korhogo, la mobilisation des entrepreneurs face à une conjoncture financière tendue met en lumière les fragilités structurelles du secteur privé local après des épisodes de violence politique. Le recours au dialogue entre acteurs privés, banques et autorités nationales pourrait être déterminant pour préserver l’activité économique et les emplois dans la région.

Aly OUATTARA /Correspondant District des Savanes