Dans le cadre du Forum d’affaire France-Côte d’Ivoire organisé par Business France, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a présenté ce jeudi 26 mars 2026 les grandes lignes d’un nouveau pacte économique. Devant un parterre de décideurs publics et de chefs d’entreprises français, le ministre a détaillé la stratégie de son pays pour faire du secteur extractif le moteur d’une croissance durable, consolidant ainsi le rôle de la Côte d’Ivoire comme hub de stabilité en Afrique de l’Ouest.

Porte-voix du gouvernement ivoirien, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a d’abord rappelé les fondamentaux d’une économie en pleine mutation. Avec une croissance moyenne supérieure à 7 % sur la dernière décennie et une prévision de 6,7 % pour 2026, la Côte d’Ivoire s’affirme comme le pilier de l’UEMOA, représentant près de 40 % du PIB de l’union. « Cette performance est le fruit d’une vision portée par le Président Alassane Ouattara, fondée sur des institutions solides et une gouvernance vertueuse », a-t-il souligné, avant de réaffirmer l’objectif d’atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Au cœur de cette dynamique : un ambitieux Plan National de Développement 2026-2030. Doté d’une enveloppe de plus de 114 000 milliards de FCFA (environ 173 milliards d’euros), ce plan repose à 70 % sur le secteur privé, témoignant d’une confiance renouvelée dans les partenariats public-privé. Si la Côte d’Ivoire reste le premier producteur mondial de cacao, le ministre a recentré son discours sur le potentiel encore sous-exploité de son sous-sol. « Notre pays ne se limite pas à la rente agricole. Nous détenons environ 35 % de la roche verte de l’Afrique de l’Ouest, un terrain riche en or », a-t-il déclaré.
La production aurifère, qui atteint actuellement 60 tonnes par an, ambitionne de franchir le cap des 100 tonnes d’ici 2030. Parallèlement, le secteur des hydrocarbures entre dans une nouvelle ère. Les récentes découvertes de classe mondiale ouvrent des perspectives inédites, positionnant le pays comme un acteur énergétique de premier plan.
Cette stratégie de diversification s’accompagne d’une volonté affirmée de transition énergétique, illustrée par des projets concrets comme la centrale biomasse d’Ayebo, dont le ministre a discuté des avancées avec le vice-président de BIOVEA, en marge du forum. Dans une salle où figuraient notamment Eléonore Carot, ministre déléguée française chargée de la Francophonie, et les présidents du CIAN et du MEDEF, Sangafowa-Coulibaly a adressé un appel clair aux investisseurs.
Il a rappelé que la France est le premier investisseur étranger en Côte d’Ivoire, avec plus de 300 filiales générant 50 000 emplois directs, et que les échanges bilatéraux dépassent 1 600 milliards de FCFA. « La Côte d’Ivoire est une terre d’opportunités et un partenaire fiable », a-t-il martelé, en insistant sur la stabilité politique et sécuritaire du pays comme gage de prévisibilité.

Ses entretiens avec les représentants du MEDEF et du CIAN ont permis d’explorer de nouvelles pistes de partenariats, confirmant l’élan d’une relation économique appelée à se renforcer.
Aux côtés du ministre Sangafowa-Coulibaly, les ministres ivoiriens Amadou Koné (Transports) et Pierre N’Gou Dimba (Santé) ont également pris part aux travaux, témoignant de l’approche transversale de la délégation pour mobiliser les investisseurs autour des priorités nationales.
Julien Koffi
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