Les 26 et 27 mars à Yamoussoukro, le Sénat de Côte d’Ivoire a réuni, à l’occasion d’un symposium international, les acteurs clés de la gouvernance territoriale autour d’une préoccupation stratégique : comment accélérer la décentralisation afin d’en faire un véritable levier de développement local. Placée sous le thème : « Accélérer la décentralisation pour un développement local effectif », la rencontre a rassemblé élus locaux, partenaires au développement et experts, avec pour ambition commune de renforcer l’efficacité de l’action publique au niveau des territoires, conformément à la loi n°2003-208 du 07 juillet 2003 relative au transfert et à la répartition des compétences de l’État aux collectivités territoriales, en application de l’article 174 de la Constitution du 08 novembre 2016.

Présidant les travaux au nom du Président de la République, le Vice-Premier Ministre, Téné Birahima Ouattara, a salué une initiative s’inscrivant pleinement dans la consolidation de la gouvernance territoriale. Pour sa part, la Présidente du Sénat, Mme Kandia Camara, a rappelé que ce symposium se voulait avant tout une plateforme inclusive et interactive, destinée à favoriser une mise en œuvre plus effective des réformes engagées.
Le panel inaugural, consacré à l’état de la décentralisation en Côte d’Ivoire, a permis aux participants de dresser un diagnostic lucide. En tant que Président du Conseil Régional de la Bagoué, le Ministre Bruno Nabagné Koné a reconnu des avancées notables, tout en soulignant les difficultés qui continuent de freiner la pleine efficacité de la décentralisation.
Selon lui, la dépendance financière des collectivités, la complexité des procédures administratives, le déficit de ressources humaines qualifiées, ainsi que les insuffisances de coordination entre les niveaux de gouvernance constituent autant d’obstacles à une décentralisation réellement porteuse de développement.

Une feuille de route en quatre axes
À partir de ce constat, Bruno Koné a proposé une feuille de route structurée autour de quatre axes majeurs :
Clarifier les compétences entre l’État et les collectivités territoriales, pour éviter les chevauchements et les blocages ; Renforcer l’autonomie financière des entités locales afin qu’elles puissent agir avec davantage de marge et de prévisibilité ; Instaurer une gouvernance territoriale intégrée et contractuelle, pour mieux coordonner les interventions et orienter les actions vers des résultats ; Moderniser les institutions et les processus administratifs, notamment pour simplifier l’exécution et améliorer la capacité opérationnelle.
« Il s’agit de doter nos collectivités des moyens d’agir efficacement et de répondre aux exigences du développement durable au niveau local », a insisté le ministre.
Des expériences concrètes et des échanges thématiques riches
Au-delà du diagnostic, le Ministre Bruno Nabagné Koné a partagé l’expérience du Conseil Régional de la Bagoué, organisée autour de cinq piliers stratégiques, illustrant ainsi les potentialités d’une gouvernance locale proactive et tournée vers la performance. Les échanges ont également porté sur des thématiques essentielles, notamment : le financement des collectivités territoriales ; le statut des élus locaux ; la coopération décentralisée ; le rôle du Sénat dans l’accompagnement des réformes ; la promotion du leadership féminin dans le développement territorial.

Au terme des travaux, les participants ont unanimement reconnu la nécessité d’accélérer les réformes afin de transformer les collectivités territoriales en moteurs d’un développement inclusif, équilibré et durable.
En clôturant son intervention, Bruno Koné a adressé ses félicitations à la Présidente du Sénat pour la qualité de l’organisation et la pertinence des échanges. Il a également appelé à maintenir la dynamique de concertation, afin que la réflexion engagée se traduise rapidement en actions concrètes au service des territoires ivoiriens.
Rodrigue Cofye
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