Parc à bétail de l’abattoir : une nouvelle cité pour les acteurs de la filière bétail-viande à Abidjan

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A l’occasion d’une visite guidée organisée sur les lieux ce jeudi 2 avril 2026, à Anyama, le professeur Goran Modeste, directeur du Parc à bétail, a présenté les contours d’un projet structurant dont l’ambition est double : offrir un environnement de vie plus digne aux professionnels du secteur, tout en les rapprochant de leurs activités quotidiennes.

Le projet repose sur la mobilisation de 60 hectares de terres, dégagées par l’État, pour permettre la création d’une véritable zone d’habitation. À terme, ce sont entre 5 000 et 7 000 lots qui devraient être mis à la disposition des bénéficiaires, avec des parcelles standards d’environ 100 m², extensibles selon les besoins.  « Cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement qui vise à offrir aux acteurs un cadre moderne, tout en les rapprochant de leur lieu de travail », a expliqué le directeur du Parc à bétail. L’objectif est de permettre aux professionnels de vivre près de leurs activités, dans un espace structuré et sécurisé.

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Dans l’exécution du programme, l’État prend en charge les travaux de base, notamment le terrassement, la voirie et les réseaux divers (VRD). Les acquéreurs, eux, auront la responsabilité de construire leurs logements en s’appuyant sur des plans inspirés des modèles de logements sociaux. Une approche qui vise notamment à maîtriser les coûts et à favoriser des constructions durables.

Le démarrage des travaux d’aménagement est prévu pour les mois de juillet-août, tandis que la construction des habitations par les bénéficiaires est estimée à environ 12 mois.

Des terrains attribués dans un cadre de bail emphytéotique

Fait notable : les lots ne sont pas vendus. Ils sont attribués dans le cadre d’un bail emphytéotique d’environ 20 ans, le site demeurant propriété de l’État. Cette disposition entend sécuriser l’occupation tout en inscrivant le projet dans une logique d’aménagement public.

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Une ville intégrée sur 236 hectares

Au-delà des logements, le site du parc à bétail doit devenir une véritable ville intégrée. Sur l’ensemble de la superficie de 236 hectares, plusieurs infrastructures sont prévues : établissements scolaires, marchés, commissariat de police, gares de transport et autres équipements collectifs. « Nous aurons ici une véritable ville intégrée, pensée pour une vie saine et épanouie », a assuré le professeur Goran Modeste, soulignant ainsi que le projet dépasse largement la seule dimension résidentielle.

Sur le terrain, l’enthousiasme est perceptible. Parmi les premiers bénéficiaires, Dao Ibrahim, chargé des relations extérieures de l’OIA gros ruminent, a confié toute son émotion en ces termes : « Ce qui était un rêve est aujourd’hui une réalité. Depuis des décennies, nous attendions un tel projet ». Il a par ailleurs salué l’engagement des autorités, notamment celui du président de la République Alassane Ouattara, ainsi que Cissé Ibrahim Bacongo, gouverneur du District Autonome d’Abidjan et de l’ensemble des responsables mobilisés.

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De leur côté, les responsables de la filière affichent également leur satisfaction. Issiaka SaWADOGO, président de la Confédération de la filière bétail-viande de l’Afrique de l’Ouest, par ailleurs PCA de l’Organisation interprofessionnelle agricole gros ruminent, a insisté sur l’importance d’un projet né d’une collaboration entre les acteurs et les pouvoirs publics.

Au-delà de l’accès au logement, l’initiative vise à améliorer durablement les conditions de travail des acteurs. Selon un professionnel du secteur, les nouvelles dispositions permettront de réduire des charges autrefois élevées, notamment celles liées à l’eau, à l’alimentation et à l’entretien des animaux. « Avant, nous supportions des coûts élevés pour l’eau, l’alimentation et l’entretien des animaux. Aujourd’hui, tout est mieux organisé et les charges sont réduites », a-t-il indiqué.

Le projet, malgré des débuts marqués par des réticences et des campagnes de désinformation, suscite désormais un engouement croissant, y compris chez les plus sceptiques d’hier. Dans cette dynamique, la filière a déjà réalisé 12 forages afin de garantir un meilleur accès à l’eau sur le site.

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En définitive, ce programme ambitionne de structurer durablement la filière bétail-viande et d’en faire un levier de développement économique. Pour les acteurs, l’heure est désormais à l’installation et à la construction. L’espoir est grand : transformer ce site en un pôle de vie et d’activités, au service d’une filière désormais mieux organisée et mieux accompagnée.

Rodrigue Cofye