Or artisanal : la Côte d’Ivoire appelle à une traçabilité mondiale pour stopper les flux illicites

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Organisée sous l’égide du Extractives Global Programmatic Support, la rencontre a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs privés et le World Gold Council. Au cœur des échanges figurait la montée des flux illicites d’or, dans un contexte marqué par la flambée des cours mondiaux et l’expansion du secteur artisanal dans plus de 80 pays.

Face à ses homologues et aux investisseurs, Mamadou Sangafowa Coulibaly a voulu repositionner l’EMAPE non seulement comme un défi sécuritaire et économique, mais aussi comme un levier de transformation structurelle. Cette vision s’inscrit dans l’ambition de faire de la Côte d’Ivoire un acteur majeur de la gouvernance minière en Afrique, alors que le pays vise le rang de premier producteur d’or du continent à l’horizon 2030.

Le ministre a rappelé qu’en Afrique, près de 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits formels, alimentant les flux financiers illicites et privant les États de recettes substantielles. En Côte d’Ivoire, 142 tonnes d’or seraient sorties des circuits officiels, représentant un manque à gagner estimé à 4 600 milliards de FCFA.

Pour y faire face, le gouvernement ivoirien déploie une stratégie articulée autour de trois axes : encadrer, réprimer et formaliser. Plus de 7 000 sites illégaux ont déjà été démantelés, avec la mise en œuvre du Code minier et du Programme national de rationalisation de l’orpaillage.

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Au-delà de l’action nationale, Mamadou Sangafowa Coulibaly a insisté sur la dimension transfrontalière du phénomène. Selon lui, les circuits d’écoulement de l’or artisanal, reliant l’Afrique de l’Ouest aux grandes places d’achat des Émirats arabes unis, de la Suisse ou encore de l’Inde, exigent une riposte concertée entre pays producteurs, de transit et de consommation. « Les efforts initiés à l’échelle des États, voire régionale, ne seront pas suffisants pour contenir un phénomène aussi tentaculaire si des réponses fortes et coordonnées ne sont pas engagées au niveau mondial », a déclaré le ministre.

Il a ainsi plaidé pour une traçabilité renforcée de la production aurifère mondiale afin d’empêcher l’or issu de circuits illégaux d’intégrer les chaînes formelles. « Il faut éviter que l’or illégal continue d’alimenter la vulnérabilité de nos communautés », a-t-il soutenu, appelant à s’inspirer du Processus de Kimberley pour bâtir un mécanisme global de certification.

Autre point majeur de son intervention : la circulation du mercure et du cyanure, produits largement utilisés dans l’orpaillage clandestin malgré leur interdiction dans plusieurs juridictions. « Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a averti Mamadou Sangafowa Coulibaly, évoquant leurs conséquences sur les sols, les ressources en eau et la santé des populations.

Dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire appelle à la mise en place d’un cadre international associant États, institutions financières et secteur privé, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale. À l’échelle sous-régionale, le renforcement de la coopération via la CEDEAO et l’UEMOA est également présenté comme un levier stratégique.

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Par cette offensive diplomatique à Washington, Mamadou Sangafowa Coulibaly entend positionner durablement la Côte d’Ivoire comme l’un des chefs de file africains sur les questions de gouvernance de l’orpaillage artisanal.

Julien Koffi