Sécurité alimentaire : La Côte d’Ivoire et l’IITA concluent un partenariat majeur pour dynamiser la production vivrière

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La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de renforcement de la sécurité alimentaire. Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Komoé, et le directeur général de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), Siméon Ehui, ont procédé, jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, à la signature d’un protocole d’accord stratégique visant à booster durablement la production vivrière.

Cet accord, conclu pour une durée de cinq ans renouvelable, s’inscrit dans une dynamique de transformation du secteur agricole ivoirien. Il repose sur le transfert de technologies innovantes, le renforcement des capacités des producteurs, la recherche-développement et la promotion de l’entrepreneuriat agricole, notamment en faveur des jeunes.

Six cultures de grande consommation sont particulièrement ciblées : le manioc, la banane plantain, le maïs, le soja, l’igname et le niébé. L’ambition affichée est claire : accroître la productivité, améliorer les rendements et réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires. Selon le directeur général de l’IITA, cet accord formalise une collaboration déjà active. Il trouve son origine dans une mission d’immersion effectuée en 2025 par le ministre Bernard Kini-Komoé, alors coordonnateur du Projet de développement des chaînes de valeur vivrières (PDC2V). « Nous n’avons pas lancé un partenariat, nous avons accéléré une dynamique déjà engagée », a souligné Siméon Ehui.

À l’issue de cette mission, des avancées ont été enregistrées avec les structures de recherche, les dispositifs de conseil agricole et les mécanismes de financement. Dans les trente prochains jours, un groupe de travail conjoint réunissant le ministère, les structures techniques nationales et l’IITA sera mis en place pour traduire ces orientations en programmes concrets, assortis d’objectifs mesurables. Le ministre Bernard Kini-Komoé a rappelé que l’IITA avait déjà engagé des actions concrètes en Côte d’Ivoire, notamment dans le transfert de technologies agricoles, en particulier pour la culture du manioc.

Pour lui, ce partenariat doit permettre d’obtenir des résultats tangibles à court terme, notamment en matière de réduction des importations, de création d’emplois durables et d’amélioration de la productivité agricole. « Notre mission est de produire en abondance et toute l’année », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’adapter les systèmes de production aux effets du changement climatique.

Malgré une progression notable de la production vivrière nationale – passée de 20,3 millions de tonnes en 2022 à 22 millions de tonnes en 2023 – la Côte d’Ivoire reste confrontée à plusieurs défis, dont les aléas climatiques, les faibles rendements et la dépendance aux importations. Cet accord s’inscrit ainsi dans la continuité des efforts du gouvernement, notamment à travers le Programme de production alimentaire d’urgence, visant à renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

La cérémonie de signature a réuni plusieurs acteurs clés du secteur agricole, dont le Centre national de recherche agronomique (CNRA), l’Agence nationale d’appui au développement rural, ainsi que des représentants du ministère en charge de l’Agriculture. Avec ce nouveau partenariat, la Côte d’Ivoire entend accélérer la modernisation de son agriculture vivrière et poser les bases d’un système agricole plus résilient, capable de répondre durablement aux besoins des populations.

Aimé Kouassi