Le collectif des sociétaires du Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA) hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique , le vendredi 28 mai 2026, au Centre d’Action Culturel d’Abobo ( CACAB) et signée par son porte-parole, Akowe Nestor, le Collectif exige des explications sur un présumé trou financier de deux milliards de francs CFA révélé, selon lui, lors des Assemblées générales et à travers un audit présenté aux sociétaires. Les artistes interpellent directement l’ancien président du Conseil d’administration du BURIDA, Gadji Celi, ainsi que les autorités ivoiriennes.
Dans leur déclaration, les sociétaires demandent solennellement à Gadji Celi de s’expliquer publiquement devant les membres du BURIDA sur la disparition présumée de ces fonds. « Cet argent n’appartient ni à l’État ni à une personne privée. C’est l’argent des artistes ivoiriens », a soutenu le Collectif, rappelant que les droits d’auteur représentent la principale source de revenus de nombreux créateurs.
Les signataires ont dénoncé une situation qu’ils jugent incompréhensible au regard des sacrifices consentis par les artistes pour sauver l’institution. Selon eux, lors des précédentes Assemblées générales, il leur avait été annoncé que le BURIDA faisait face à une dette estimée à près de quatre milliards de francs CFA.
Face à cette crise financière, plusieurs sacrifices auraient été imposés aux sociétaires. « On nous a demandé d’abandonner une partie de nos droits d’auteur », a indiqué la déclaration. Certains artistes ayant contracté des prêts auprès du BURIDA auraient également accepté que leurs créances soient considérées comme perdues, afin de permettre le redressement de la structure.
Le collectif a affirmé avoir accepté ces mesures « avec douleur, mais avec responsabilité », dans l’intérêt supérieur de leur « maison commune ». Toutefois, les artistes disent aujourd’hui découvrir « avec stupéfaction » que certains continuent d’être prélevés pendant que d’autres ne perçoivent plus aucun droit d’auteur.

« Pendant que les artistes se serraient la ceinture pour sauver le BURIDA, Gadji Celi avait quitté le pays. Aujourd’hui, il est de retour, présent parmi nous, mais sans aucune explication publique », a déploré le porte-parole du Collectif Akowé Nestor dans sa déclaration.
Au-delà des questions de gouvernance, les sociétaires ont également mis en lumière les conditions de vie difficiles de nombreux artistes ivoiriens. Ils évoquent des créateurs vivant dans la précarité, sans couverture sociale ni assistance. « Aujourd’hui, des artistes meurent dans la misère. Beaucoup sont malades, sans ressources », regrettent-ils.
Au terme de cette déclaration, les artistes ont lacé un appel à la ministre de la Culture et de la francophonie , Françoise Remack afin qu’elle apporte son soutien aux créateurs ivoiriens. « Nous sommes des hommes et des femmes qui participent au rayonnement culturel de la Côte d’Ivoire. Nous avons besoin de protection et d’accompagnement », a plaidé le collectif.
Dans leur déclaration, les sociétaires dénoncent également « des bruits » et « manigances » au sein du milieu artistique dont Gadji Celi serait, selon eux, l’instigateur. Ils lui accordent un délai de 72 heures pour « mettre fin à toutes ces manigances ». Passé ce délai, le Collectif annonce son intention de saisir le Procureur de la République, afin que justice soit rendue.
Julien Koffi
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