Un forum législatif francophone s’est tenu le 22 mai dernier, à l’Assemblée nationale française, dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales, à l’initiative de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), sous la présidence de la députée Amélia Lakrafi, déléguée générale de l’institution.
Placée sous le thème « Quelles solutions concrètes pour lever les freins à l’investissement dans l’espace francophone ? », cette rencontre a réuni parlementaires, experts et représentants du monde économique autour des enjeux de financement des petites et moyennes entreprises (PME), moteur essentiel de la croissance dans l’espace francophone.
Au nom du club Africagora des entrepreneurs des diasporas, créé en 1998, et de la plateforme AfricaSMBForum, qui fédère plus de 33 000 entreprises issues de 53 pays (fournisseurs, relais et investisseurs), une délégation a pris part aux travaux et formulé plusieurs propositions structurantes.
Les échanges ont notamment mis en lumière une réalité préoccupante : près de 80 % des PME dans l’espace francophone sont exclues du crédit bancaire, principalement en raison du manque de garanties et de données fiables. Face à ce constat, la délégation a proposé la mise en place d’un ensemble de mécanismes innovants visant à faciliter l’accès au financement.
Parmi les principales recommandations figure la création d’un fonds de garantie régional francophone, alimenté par les États et la diaspora, et spécifiquement dédié aux PME à fort impact local. La délégation a également plaidé pour la numérisation du crédit de notation, basée sur l’exploitation des données issues des télécommunications et des transactions mobiles, afin de mieux évaluer la solvabilité des entreprises non bancarisées.
Autre proposition clé : l’harmonisation des dispositifs d’allégement fiscal en faveur des investisseurs intervenant dans les PME en phase d’amorçage, dans le but de stimuler l’investissement privé et de réduire les disparités entre les différents pays de l’espace francophone.
La délégation comprenait notamment Ramata Keita (RMK Capital, Bamako) et Rouba Hamadi (Affaires Québec, Montréal), aux côtés de Carole Da Silva (Femmes et Pouvoirs TV) et Laetitia Yonga (UIJA), qui ont activement contribué aux échanges.
Par ailleurs, les contributions de Lanto Rafilibera, Olympio Aristo et Dominique Meunier Tchivounda ont été officiellement transmises à l’APF. Celle de Chantal Dagnaud (Institutions et Stratégies) a été présentée lors des auditions.
Cette journée d’échanges s’inscrit dans une dynamique plus large de réflexion et de plaidoyer visant à nourrir de futures propositions de loi à destination des 99 parlements et organisations interparlementaires membres de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.
Au terme des travaux, les participants ont souligné la nécessité d’une coopération renforcée entre États, institutions financières et acteurs privés afin de bâtir un environnement plus inclusif et favorable au développement des PME dans l’espace francophone.
Aimé Kouassi
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