La Côte d’Ivoire et l’Algérie franchissent une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale avec la signature d’un accord-cadre de coopération dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables. Signé, ce mardi 30 juin au siège du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, à l’immeuble SCIAM à Abidjan- Plateau, cet accord traduit la volonté des deux pays de bâtir un partenariat stratégique fondé sur le transfert de technologies, le développement des infrastructures énergétiques et le renforcement des capacités.
La cérémonie a été présidée par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, en présence de son homologue algérien, Dr Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, accompagné d’une importante délégation d’experts. Dans son allocution, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a qualifié cet accord de « jalon historique » dans les relations entre les deux États, estimant qu’il dépasse le simple cadre bilatéral pour s’inscrire dans la dynamique de la coopération Sud-Sud et de la souveraineté énergétique du continent. « Nous scellons notre volonté commune de bâtir un partenariat Sud-Sud exemplaire, pragmatique et résolument tourné vers l’avenir », a-t-il déclaré. Le ministre ivoirien a rendu hommage à l’expérience de l’Algérie, qu’il considère comme un modèle africain dans le secteur énergétique. « L’Algérie maîtrise toute la chaîne de valeur énergétique, de la production à la distribution, en passant par l’ingénierie, la fabrication d’équipements, la maintenance et la formation. Ce que votre pays a réussi symbolise le succès que nous devons rechercher à l’échelle du continent », a-t-il souligné. Au-delà du cadre institutionnel, l’accord prévoit des actions immédiates destinées à renforcer les capacités du système électrique ivoirien. Parmi les mesures annoncées figurent le déploiement de groupes mobiles de production d’électricité d’une capacité totale de 100 MW, la construction urgente de lignes de transport à haute tension de 225 kV et 400 kV, ainsi que l’approvisionnement en équipements stratégiques destinés à moderniser les réseaux de distribution et à améliorer la détection des pannes sur les câbles souterrains. À moyen et long terme, les deux pays ambitionnent également de développer un projet de centrale électrique de 1 500 MW à partir d’équipements fabriqués en Algérie, tout en mettant en place un vaste programme de formation et de transfert de compétences au profit des ingénieurs ivoiriens. Le partenariat prévoit aussi l’implantation en Côte d’Ivoire d’unités de fabrication de matériels électriques ainsi que de plateformes régionales de commercialisation d’équipements énergétiques. Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cette coopération s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui entend faire de la Côte d’Ivoire un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030 et consolider sa position de hub énergétique en Afrique de l’Ouest. Le ministre a également rappelé le rôle stratégique joué conjointement par les deux pays au sein de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO), dont la Côte d’Ivoire assure actuellement la présidence du Conseil des ministres, tandis que le Secrétariat général est dirigé par un expert algérien. Il a réaffirmé sa volonté de faire aboutir, durant son mandat, plusieurs projets structurants, notamment la création de la Banque Africaine de l’Énergie, appelée à renforcer le financement des projets énergétiques sur le continent.
L’Algérie prête à partager son expertise
Prenant la parole, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Dr Mourad Adjal, a salué la qualité des relations entre les deux pays et l’esprit de coopération qui a marqué les travaux préparatoires. Il a rappelé que cette signature est l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs mois, après la visite officielle de son homologue ivoirien en Algérie en mars dernier, suivie d’échanges techniques entre les experts des deux pays. « Cet accord traduit notre volonté commune de développer un partenariat énergétique mutuellement bénéfique. Il constitue désormais le cadre juridique et institutionnel qui régira les projets de coopération entre nos deux pays », a déclaré le ministre algérien. Il a assuré que l’Algérie mettra son expertise au service de la Côte d’Ivoire dans un esprit de solidarité africaine. « L’Algérie réitère son entière disponibilité à partager son savoir-faire avec la République de Côte d’Ivoire afin de répondre aux besoins énergétiques du pays et de renforcer la coopération Sud-Sud », a-t-il affirmé. Au terme de cette rencontre, les deux ministres ont convenu d’engager sans délai la mise en œuvre des premiers projets issus de cet accord, marquant ainsi le passage d’une coopération politique à des réalisations concrètes. À travers ce partenariat stratégique, Abidjan et Alger affichent leur ambition de contribuer à l’émergence d’une Afrique plus souveraine sur le plan énergétique, plus industrialisée et davantage capable de répondre aux besoins croissants de ses populations grâce à une coopération fondée sur le partage des compétences, l’innovation et la solidarité entre États africains.
Aimé Kouassi
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