Le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) a rapidement réagi à une alerte faisant état d’une pollution présumée d’une rivière à Monga, dans le département d’Alépé. L’incident, révélé par une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, a conduit l’institution à déployer une équipe d’inspection afin d’évaluer la situation et de mettre en œuvre les premières mesures de maîtrise.
L’alerte a été donnée le jeudi 16 juillet 2026 à 8 h 45 par un riverain, Jonathan Emerson. Quelques heures plus tard, une mission du CIAPOL était sur les lieux pour effectuer les premiers constats et engager les investigations.
Les vérifications réalisées sur le terrain ont permis d’identifier l’entreprise KEDA CI CERAMICS COMPANY LIMITED, spécialisée dans la fabrication de carreaux dans la zone industrielle de Monga, comme étant à l’origine de l’incident. Un rapport circonstancié a été transmis sans délai à la direction générale du CIAPOL.
Les premières observations indiquent qu’aucune mortalité de la faune aquatique n’a été constatée, ni au point de rejet présumé ni en aval du cours d’eau. Les équipes techniques ont également relevé que la coloration noirâtre de l’eau commençait à s’estomper après la mise en œuvre des premières mesures de confinement et de traitement.
Fait notable, quelques jours avant cet incident, le 9 juillet 2026, les responsables de KEDA CI CERAMICS COMPANY LIMITED avaient été reçus au siège du CIAPOL dans le cadre de la régularisation de leur situation au titre des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Cette rencontre s’inscrivait dans la mission d’accompagnement des entreprises vers le respect des exigences environnementales.
Soucieux de disposer d’une évaluation scientifique rigoureuse, le directeur du CIAPOL, le professeur Bernard Ossey Yapo, s’est personnellement rendu sur le site. Il était accompagné de la cheffe de l’Antenne Abidjan 2, Patricia Kokoi, des experts du Laboratoire central de l’environnement et des inspecteurs des installations classées. Cette mission visait à confirmer les premiers constats, apprécier l’ampleur de la pollution et définir les mesures correctives à imposer.
Cette intervention s’inscrit dans la continuité des actions menées par le CIAPOL en matière de surveillance environnementale. Quelques jours auparavant, le professeur Bernard Ossey Yapo avait participé à une mission conduite par le ministre de l’Environnement, Abou Bamba, sur le site de SUCAF-CI afin d’évaluer l’efficacité des opérations de dépollution engagées après un précédent incident industriel.
Les premières investigations ont confirmé plusieurs insuffisances déjà relevées lors d’une inspection antérieure de l’usine KEDA CI CERAMICS COMPANY LIMITED. Il s’agit notamment de l’absence d’une Étude de danger (EDD), de défaillances dans la gestion des effluents industriels, de risques de pollution des sols liés au stockage des coques d’anacarde utilisées comme combustible et de manquements dans la gestion des déchets. Le CIAPOL avait déjà formulé plusieurs recommandations à l’entreprise afin d’améliorer sa conformité environnementale. En parallèle, des prélèvements et des analyses in situ ont été réalisés par les experts du Laboratoire central de l’environnement. Dans l’attente des résultats des analyses approfondies, le CIAPOL recommande aux populations, par mesure de précaution, de ne pas utiliser les eaux concernées pour la consommation humaine ni pour les usages domestiques. L’institution se veut néanmoins rassurante. À ce stade, aucune perte en vies humaines, aucune mortalité de ressources aquatiques ni aucun cas de maladie lié à cet incident n’ont été enregistrés. Le CIAPOL invite les riverains à rester sereins, à respecter les consignes de sécurité et à attendre les conclusions définitives des analyses, qui permettront de déterminer avec précision l’étendue des impacts environnementaux ainsi que les mesures correctives et les éventuelles sanctions à prendre. Par cette intervention rapide, le Centre ivoirien antipollution réaffirme son engagement à assurer une surveillance permanente des installations industrielles, à veiller au respect de la réglementation environnementale et à garantir la protection durable des populations et des écosystèmes.
Aimé Kouassi
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