Détournement présumé de 39 milliards FCFA à la DGI : Le Directeur général ordonne l’enquête et saisit la justice

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Selon ces sources, les premiers dysfonctionnements relatifs aux procédures de dégrèvement et d’exonération fiscale ont été relevés lors du séminaire bilan-objectifs de la DGI organisé à Yamoussoukro les 16 et 17 février 2026. Au cours de cette rencontre, une communication de l’Inspection générale adjointe des services fiscaux aurait mis en évidence plusieurs irrégularités dans le traitement de certains dossiers.

Face à la gravité des constats, le Directeur général des Impôts aurait immédiatement saisi l’Inspection générale des services fiscaux afin de diligenter une enquête approfondie. Cette mission avait notamment pour objectifs d’identifier les mécanismes utilisés, de déterminer les impôts concernés, d’établir les responsabilités des différents intervenants et d’évaluer l’ampleur financière des opérations litigieuses.

Toujours selon les informations recueillies, cette enquête, menée depuis plusieurs mois, aurait permis de mettre en lumière les responsabilités présumées de plusieurs agents et cadres de l’administration fiscale. Les premiers résultats auraient conduit à l’interpellation d’une dizaine d’agents suspectés d’être impliqués dans ces opérations irrégulières.

Les mêmes sources indiquent également que le Directeur général des Impôts a lui-même transmis le dossier au Pôle pénal économique et financier afin que les faits fassent l’objet d’une procédure judiciaire. Elles estiment ainsi que présenter le dépôt de plainte du SAGI comme l’origine de la saisine de la justice ne refléterait pas le déroulement réel des événements.

« Le dossier est suivi personnellement par le Directeur général depuis les révélations faites lors du séminaire de Yamoussoukro. Il n’a jamais été question de dissimuler les faits. Au contraire, la volonté a toujours été de faire toute la lumière sur cette affaire et de sanctionner les éventuels responsables », confie une source proche de la Direction générale.

Les mêmes interlocuteurs rappellent que le Directeur général n’est pas mis en cause dans cette procédure. Ils soulignent qu’il a été le premier à ordonner les investigations internes afin de préserver les intérêts du Trésor public et de garantir la transparence dans la gestion des deniers de l’État.

Parallèlement aux investigations judiciaires, la Direction générale des Impôts aurait renforcé les dispositifs de contrôle des procédures de dégrèvement et d’exonération afin de prévenir toute nouvelle fraude, notamment par un meilleur encadrement des validations électroniques et un renforcement des mécanismes de contrôle interne.

Concernant la démarche du SAGI, certaines sources estiment que le syndicat ne disposait pas de l’ensemble des informations relatives aux investigations déjà engagées et aux procédures judiciaires en cours. Elles considèrent que sa saisine du Procureur est intervenue alors que le dossier faisait déjà l’objet d’un traitement administratif et judiciaire.

À ce stade, l’affaire demeure entre les mains des autorités judiciaires compétentes. Les investigations se poursuivent et devront permettre d’établir les responsabilités individuelles, dans le respect de la présomption d’innocence, tout en garantissant la protection des ressources publiques.

En attendant les conclusions de la justice, ce dossier met en lumière les enjeux liés au renforcement de la gouvernance, de la transparence et des mécanismes de contrôle au sein de l’administration fiscale ivoirienne.

Rodrigue Cofye