Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) dispose désormais d’un nouveau siège à Abidjan. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a procédé, mercredi 12 août 2026, à la remise officielle des clés de cette nouvelle infrastructure située aux Deux-Plateaux, 7e Tranche.
La cérémonie marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération régionale contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et, plus largement, la criminalité financière.
À cette occasion, Adama Coulibaly a présenté le nouveau siège comme un cadre moderne destiné à faciliter les échanges entre les acteurs engagés dans la lutte contre les flux financiers illicites. Selon lui, la mise à disposition de ces locaux traduit la volonté de la Côte d’Ivoire d’accompagner davantage les actions du GIABA.
« Cet acte vient traduire la ferme volonté du gouvernement ivoirien d’accompagner les efforts du GIABA dans la lutte contre la criminalité financière », a déclaré le ministre. Il a également souligné que cette infrastructure doit favoriser le partage d’expériences et d’expertises entre les différents pays de la région.
La Côte d’Ivoire renforce son dispositif
L’installation du GIABA à Abidjan s’inscrit dans le cadre de l’accord de siège signé entre le gouvernement ivoirien et l’organisation le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en marge du 44e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Cette présence institutionnelle répond également à une décision du Conseil des ministres de la CEDEAO visant à renforcer les mécanismes régionaux de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Deux centres d’information avaient ainsi été envisagés, dont un à Lagos pour les pays anglophones et un autre à Abidjan pour les pays francophones et lusophones.
Pour Adama Coulibaly, les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans ce domaine doivent beaucoup à l’accompagnement du GIABA. Le ministre s’est notamment félicité de la mise en œuvre, avant l’échéance fixée par le Groupe d’action financière (GAFI), du plan d’action adopté en octobre 2024 pour renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux.
Il a appelé l’ensemble des acteurs concernés à poursuivre leurs efforts afin de mieux prévenir la criminalité financière et surtout de réduire les possibilités de financement des réseaux criminels.
Un centre au service de la coopération régionale
Pour Edwin Harris Junior, Directeur général du GIABA, l’ouverture de ce nouveau siège traduit la confiance accordée à l’organisation par les autorités ivoiriennes. Il a salué le soutien du Président Alassane Ouattara et du gouvernement ivoirien dans le renforcement de la présence du GIABA en Côte d’Ivoire.
De son côté, le Général Idrissa Touré, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), estime que cette nouvelle infrastructure permettra de donner une nouvelle impulsion à la coopération régionale.
Le centre devrait notamment servir de cadre pour la sensibilisation, la formation, la recherche, la documentation, la communication et l’échange d’informations dans le domaine de la lutte contre la criminalité financière. Il est également appelé à renforcer la coopération entre les États francophones et lusophones de la région.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de représentants des ministères des Affaires étrangères, de la Justice, du Plan et du Développement, de l’ambassadrice du Liberia en Côte d’Ivoire, ainsi que de représentants du PNUD et de l’UNICEF.
Avec ce nouveau siège, Abidjan entend ainsi conforter son rôle dans la coopération régionale contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Aimé Kouassi
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