Les syndicats des douanes de Côte d’Ivoire veulent toute la lumière sur les circonstances entourant le décès du sergent-chef Coulibaly Lamou Tou Aimé, agent en service à la brigade mobile de Yamoussoukro. Réunis le dimanche 23 août 2026 à Cocody, à l’occasion d’une conférence de presse, les organisations syndicales ont réclamé l’ouverture d’une enquête « approfondie, impartiale et transparente ».
La rencontre avec la presse nationale et internationale était présidée par le capitaine Kouassi Kouamé, porte-parole de l’ensemble des syndicats des douanes de Côte d’Ivoire. La faîtière est composée de neuf syndicats, tandis que la plateforme syndicale regroupe quatre organisations. Selon les éléments recueillis par les syndicats, le sergent-chef Coulibaly Lamou Tou Aimé aurait été victime, lundi 3 août, d’un accident de la circulation impliquant un taxi communal au carrefour de la pharmacie du Lac, à Yamoussoukro. Une altercation avec des individus communément appelés « gniambros » aurait ensuite eu lieu. Le lendemain, mardi 4 août, le corps de l’agent a été retrouvé aux environs de 17 heures sous un papayer, au bord du lac, à proximité de la station Africa, de l’hôtel et de l’hôpital Saint-Joseph Moscati.
Les syndicats demandent que toutes les responsabilités soient établies
Face à ce décès, les organisations syndicales ont exprimé leur « profonde préoccupation » et condamné les circonstances dans lesquelles leur collègue a perdu la vie. Elles ont également présenté leurs condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble des agents des douanes. Pour les syndicats, l’enjeu est désormais de déterminer avec précision ce qui s’est passé entre le 3 et le 4 août. Ils demandent aux autorités d’identifier toutes les personnes susceptibles d’être impliquées, d’établir les responsabilités et de rechercher d’éventuels complices ou commanditaires. Ils invitent également toute personne disposant d’informations utiles à les communiquer aux autorités compétentes. Les organisations insistent notamment sur la nécessité de préserver et d’exploiter les témoignages, les images de vidéosurveillance, les communications ainsi que tout autre élément matériel pouvant contribuer à la manifestation de la vérité. Les syndicats appellent par ailleurs au respect strict des procédures judiciaires et demandent à toutes les parties de faire preuve de retenue afin de ne pas perturber l’enquête ni influencer l’opinion publique.
« Nous ne réclamons ni vengeance ni justice expéditive » Le capitaine Kouassi Kouamé a tenu à clarifier la position des organisations syndicales. Selon lui, leur mobilisation ne vise ni la vengeance ni une justice expéditive, mais la manifestation de la vérité. Les syndicats disent ainsi réclamer « simplement la vérité et la justice ». Ils refusent notamment que le décès de leur collègue soit réduit à un simple fait divers ou expliqué par de supposés antécédents de troubles psychiatriques. Ils souhaitent que tous les actes ayant pu contribuer au décès du sergent-chef Coulibaly Lamou Tou Aimé fassent l’objet d’investigations et que toute personne reconnue responsable soit appelée à répondre de ses actes devant les juridictions compétentes.
Une mission syndicale menée à Yamoussoukro
Afin de recueillir des informations supplémentaires, une délégation syndicale s’est rendue à Yamoussoukro les 18 et 19 août. La mission a notamment permis aux représentants syndicaux de se rendre sur plusieurs sites liés au dossier.
Ils ont ainsi visité la subdivision de la lutte contre la contrefaçon, le lieu présumé de l’accident, l’endroit où le corps a été découvert, l’hôpital Saint-Joseph Moscati ainsi que le domicile du défunt. Au cours de cette mission, les syndicats affirment avoir échangé avec plusieurs personnes, dont l’épouse du sergent-chef et son chef de brigade. Selon leurs déclarations, le douanier était en bonne santé avant les faits. Ces témoignages sont avancés par les organisations syndicales pour contester les informations faisant état de démence ou de troubles psychiatriques au moment du drame. Les images de vidéosurveillance au cœur des interrogations L’accès aux images des caméras de surveillance de l’hôpital Saint-Joseph Moscati constitue également un point d’interrogation pour les syndicats. Ceux-ci affirment ne pas avoir pu consulter ces enregistrements, qui auraient été sollicités par la police et dont l’accès nécessiterait une autorisation du procureur du tribunal de première instance de Toumodi.
Toujours selon les informations communiquées par les syndicats, le responsable des urgences aurait indiqué que l’agent était arrivé à l’hôpital à 16 h 28, présentant de légères blessures au poignet. Une hospitalisation aurait été envisagée afin de permettre la réalisation d’examens complémentaires. Toutefois, le sergent-chef aurait déclaré se sentir bien et aurait choisi de quitter l’établissement environ trente minutes après son arrivée. Une vidéo à l’origine de la mobilisation syndicale Les syndicats ont également évoqué la diffusion d’une vidéo comme élément ayant contribué à accélérer leur mobilisation. Ils précisent toutefois qu’ils auraient entrepris des démarches sur le terrain dès qu’ils ont été informés du décès, avec pour objectif de comprendre les circonstances exactes de la disparition de leur collègue. Au terme de leur conférence de presse, les organisations syndicales ont réaffirmé leur confiance dans la justice et leur volonté de suivre de près l’évolution de la procédure.
Au-delà des nombreuses interrogations qui entourent la mort du sergent-chef Coulibaly Lamou Tou Aimé, leur principale revendication demeure la même : que toute la lumière soit faite sur les événements survenus entre le 3 et le 4 août, que les faits soient établis avec précision et que les responsabilités, quelles qu’elles soient, soient déterminées par la justice.
Julien Koffi
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