La préservation des ressources en eau, la lutte contre l’orpaillage illégal et la relance de la production vivrière ont été au cœur d’un panel de haut niveau organisé, mercredi 26 août 2026 à Zinzenou, dans le département d’Abengourou, dans le cadre des activités de vacances « Eclowoclo Bla 2026 ». Une rencontre qui a surtout mis l’accent sur la formation et l’insertion des jeunes dans les métiers agricoles, notamment à travers les Centres de Développement du Vivrier (CDV) du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V).
La Mutuelle de développement de Zinzenou (MUDEZI) a placé la réflexion sur l’avenir de la sous-préfecture de Yakassé-Feyassé au centre de ses activités socioéconomiques et culturelles. Organisé avec l’appui des structures techniques de l’État, dont le cabinet du Ministre Délégué chargé des Productions Vivrières, ce panel avait pour thème : « Sécurité alimentaire et développement local durable : enjeux de la préservation des ressources en eau et de la promotion de la production vivrière face à l’orpaillage illégal dans la sous-préfecture de Yakassé-Feyassé ».

L’initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le ministre Comoé, cadre de Zinzenou, qui entend encourager les actions en faveur du développement de la localité, particulièrement la formation et l’autonomisation de la jeunesse.
La rencontre a enregistré la présence de Mme Bamba Chao, sous-préfète de Yakassé-Feyassé, des représentants de la Direction régionale du ministère en charge de l’Agriculture, des responsables du PDC2V, des leaders communautaires, des organisations de jeunes et de femmes ainsi que de nombreux acteurs locaux. À l’ouverture des travaux, Dr Ernest Kouakou, président de la MUDEZI, a souligné la nécessité pour les populations de ne pas rester indifférentes face aux menaces qui pèsent sur l’environnement et l’économie locale.
Pour lui, Zinzenou et l’ensemble du canton se trouvent à un tournant. La préservation des ressources en eau et des terres agricoles doit, selon lui, constituer une priorité. La promotion des cultures vivrières apparaît ainsi comme une alternative crédible à l’orpaillage illégal et un moyen de renforcer la sécurité alimentaire.
Prenant la parole, Mme Bamba Chao a salué la mobilisation des populations venues de plusieurs villages. Elle a relevé que l’orpaillage illégal constitue désormais un problème national qui exige une réponse collective.
La sous-préfète a rappelé que des consultations sont menées auprès des populations et des forces de défense et de sécurité afin de recueillir les préoccupations locales et de formuler des recommandations dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. Si la sensibilisation reste nécessaire, elle estime que le temps est désormais venu de renforcer la répression contre les activités illégales, tout en poursuivant l’information des populations.

L’eau potable encore préservée
La question de la préservation des ressources hydriques a également occupé une place importante dans les échanges. Adayé Bosso, directeur régional de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité d’Abengourou, a rassuré les populations sur la qualité de l’eau potable dans la sous-préfecture. À ce jour, a-t-il indiqué, les activités d’orpaillage illégal n’affectent pas l’eau destinée à la consommation humaine dans la zone.
Il a, par ailleurs, salué l’engagement des populations de Zinzenou contre l’orpaillage illégal et les a encouragées à maintenir cette vigilance.
Former les jeunes aux métiers du vivrier
L’un des messages forts du panel a porté sur la nécessité de former et d’accompagner les jeunes dans l’agriculture, afin de faire du secteur vivrier une véritable source d’emplois et de revenus.
Gnahoua Koudou Cyriaque, chef de service Production et représentant du directeur régional du ministère en charge de l’Agriculture, ainsi que Bené Kouadio, spécialiste en innovations agricoles, ont présenté les opportunités offertes par les programmes agricoles, notamment ceux du PDC2V.
Une attention particulière a été accordée aux Centres de Développement du Vivrier (CDV), qui constituent des cadres de formation et d’apprentissage destinés à renforcer les compétences des jeunes dans les différentes chaînes de valeur agricoles.
À travers ces centres, l’objectif est notamment de permettre aux jeunes de mieux maîtriser les techniques de production, d’adopter des pratiques agricoles modernes et de développer des activités génératrices de revenus dans le vivrier.
Les intervenants ont donc invité les jeunes et les femmes de Yakassé-Feyassé à saisir ces opportunités de formation et les dispositifs d’accompagnement proposés par les pouvoirs publics.
Bamba Chao interpelle la jeunesse
La sous-préfète a également exprimé sa préoccupation face à la faible implication des jeunes dans certains programmes de développement.
Elle a notamment cité le faible nombre de candidatures enregistrées lors de certaines opérations du Guichet Emploi Jeunes. Une situation qu’elle juge préoccupante dans une zone qui dispose pourtant d’importantes potentialités agricoles.
« L’avenir ne se prépare pas dans les vieux jours, l’avenir se prépare dans la jeunesse », a-t-elle lancé, invitant les jeunes à prendre davantage d’initiatives et à ne pas attendre uniquement l’héritage familial.
Pour elle, les terres héritées des parents doivent être entretenues, valorisées et développées afin de permettre aux générations futures de disposer, à leur tour, d’un patrimoine.

Faire de l’agriculture une alternative durable
Modéré par Ogou Constant, spécialiste en suivi évaluation au PDC2V, le panel a permis aux participants d’échanger avec les représentants des services techniques de l’État sur les risques liés à l’orpaillage illégal, la protection de l’eau et les opportunités offertes par le secteur agricole.
À travers cette initiative, la MUDEZI, avec l’accompagnement des structures publiques et dans la dynamique impulsée par le ministre Bernard Comoé, entend contribuer à faire de la formation des jeunes, de la production vivrière et de la protection des ressources naturelles des leviers du développement de Zinzenou.
Le message de la rencontre est donc sans équivoque : à Zinzenou, la lutte contre l’orpaillage illégal doit aller de pair avec la formation de la jeunesse, la promotion du vivrier et la création de nouvelles opportunités économiques pour les populations.
Aimé Kouassi
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