Financement des PME : COFINA et la SGPME mobilisent 8 milliards de FCFA de garanties  

photo partenariat 1
57 / 100 Score SEO
photo partenariat 2

Le dispositif repose sur deux mécanismes complémentaires. Il s’agit d’une garantie partielle de portefeuille de 5 milliards de FCFA et une garantie individuelle de 3 milliards de FCFA. L’objectif est de permettre à davantage d’entreprises d’accéder au crédit, notamment celles qui rencontrent des difficultés à satisfaire aux exigences traditionnelles des établissements financiers. Pour les deux partenaires, il s’agit de transformer les garanties en un levier de financement au service du développement des petites et moyennes entreprises (PME). La convention s’inscrit dans un contexte où le financement demeure un obstacle pour de nombreux entrepreneurs ivoiriens.

Selon Joëlle Christelle Kouassi, directrice générale de la SGPME, les PME représentent plus de 90 % du tissu économique national, mais leur contribution au produit national brut (PNB) reste autour de 20 %, d’après les chiffres avancés lors de son intervention. Cette situation constitue un enjeu pour la réalisation des ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui vise une contribution du secteur privé supérieure à 70 %. Pour la responsable, le renforcement des capacités financières des PME est indispensable à la consolidation du tissu entrepreneurial et au développement des chaînes de valeur. Le dispositif convenu entre COFINA et la SGPME s’articule autour de deux produits. Le premier, la garantie partielle de portefeuille (GPP), repose sur une ligne de garantie de 5 milliards de FCFA mise à la disposition de COFINA.

Les critères d’éligibilité des entreprises sont définis conjointement par les deux institutions. Le second mécanisme, doté de 3 milliards de FCFA, concerne la garantie individuelle. Il permet d’examiner les dossiers des entreprises au cas par cas afin d’apprécier les possibilités de couverture de leurs financements. Pour Joëlle Christelle Kouassi, l’objectif de ces garanties ne se limite pas à sécuriser les crédits accordés aux clients habituels des institutions financières. Elles doivent surtout inciter les partenaires à financer des entreprises qui restent éloignées des circuits classiques du crédit. « Avec la garantie, on ne veut pas que nos banques partenaires se surcouvrent ou viennent en plus en confort supplémentaire, mais vraiment aller chercher les risques là où, dans nos marchés, ces personnes-là naturellement sont freinées aux portes traditionnelles de nos établissements financiers », a-t-elle expliqué.

Cette approche vise ainsi à élargir l’accès au financement à des entreprises dont les besoins ne trouvent pas toujours de réponse auprès des établissements financiers. La SGPME entend également renforcer la visibilité de ses dispositifs auprès des entrepreneurs, à travers une campagne d’affichage déjà engagée et appelée à se poursuivre à la télévision. Du côté de COFINA Côte d’Ivoire, cette convention doit permettre d’accompagner davantage de PME dans leur développement et de renforcer l’offre de financement de l’établissement. Son directeur général, Sié Amed Touré, a souligné les difficultés rencontrées par de nombreuses entreprises pour obtenir les ressources nécessaires à leurs activités. « Au-delà de cette collaboration, je pense que c’est un souffle que nous apportons aux PME ivoiriennes qui, pour des raisons diverses, n’arrivent pas à accéder au financement », a-t-il déclaré.

 Selon lui, ce partenariat permettra à COFINA d’explorer de nouveaux segments de clientèle, tout en poursuivant son approche associant financement et accompagnement des entreprises. Le dirigeant a également mis en avant le dispositif de garantie pouvant atteindre 80 % pour les entreprises portées par des femmes. Cette couverture doit contribuer à faciliter leur accès aux ressources financières et à renforcer leur participation à l’activité économique. Les 8 milliards de FCFA constituent une première étape dans la collaboration entre les deux institutions.

photo partenariat 3

Joëlle Christelle Kouassi a indiqué que la SGPME compte sur le potentiel de COFINA pour accroître les montants mobilisés, en fonction des besoins des entreprises et des résultats obtenus. La portée de cette convention dépendra toutefois de sa capacité à se traduire par des crédits effectivement accordés aux PME. Au-delà de l’enveloppe annoncée, l’enjeu sera de permettre aux entreprises les plus confrontées aux difficultés de financement de développer leurs activités, d’investir et de contribuer davantage à la création de richesse en Côte d’Ivoire.

Julien Koffi