Aider les femmes à se construire un héritage durable
A l’instar du SEIP, cela fait maintenant 8 ans que FIN’Elle travaille à inclure le maximum de femmes dans le système financier. Pourquoi ? « Parce que notre vocation première, c’est d’aider les femmes entrepreneures, les femmes salariées, les femmes étudiantes, à commencer à constituer leur épargne, de sorte qu’elles puissent se projeter de façon plus aisée sur leur avenir, sur leurs projets, et puissent « Voir Loin », comme le dit notre slogan. » Explique la titulaire d’un Master en Droit de l’Université de Cardiff (Pays de Galles), spécialisée en Droit des affaires internationales, en commerce international et en droit fiscal. Et pour cause.
Il faut dire que quand Jean-Luc Konan, le Président Directeur Général du Groupe de mésofinance actif au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Gabon, au Congo, au Burkina Faso, en France et au Togo, prenait la décision d’acquérir Mimoye Finance pour en faire ce qui allait devenir FIN’Elle, il portait déjà cette ambition. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a décidé, dès le départ, de faire de ce projet, dès son lancement, une filiale, plutôt qu’une succursale ou un simple département, souligne Yénita Bamba durant nos échanges au SEIP 2026.

En effet, « le fait que FIN’Elle soit une filiale montre jusqu’où le projet a été abouti. » Ajoute-t-elle. « Il a fallu mobiliser des fonds propres, organiser toute une structure, créer des offres pour les femmes en particulier. » Renchérit Yénita Bamba. « Cela démontre vraiment jusqu’où l’engagement envers les femmes entrepreneures a été porté par la direction et par la présidence de notre groupe. » Poursuit la dame qui a fait la majorité de son parcours dans le secteur bancaire traditionnelle avant d’embrasser, il y a à peine 2 ans, celui de la mésofinance et de l’inclusion financière.
Au cours de notre discussion, Yénita Bamba va plus loin et nous confie, sans langue de bois, que si l’initiative et les efforts engagés pour la naissance de celle-ci sont nobles, c’est surtout du au fait que tout est parti d’un constat accablant, un secret de Polichinelle connu de tous ! Cette réalité, visible de tous, mais sur laquelle tous portent des œillères, se résume en une phrase suffisamment répétée :
« Les femmes sont moins favorisées quant il s’agit d’accès au crédit ! C’est pas moi qui le dis, tous les chiffres, que ce soit le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, que ce soit l’État de Côte d’Ivoire, même, le montre. » Insiste Yénita Bamba. « À l’échelle microéconomique de la Côte d’Ivoire, comme partout en Afrique, c’est clair que les femmes sont beaucoup moins favorisées (…)

Donc, le parti que notre groupe a pris, c’est, de se dire, vu que l’activité des femmes constitue 26 % de l’économie du Continent, elles ne doivent pas être marginalisés parce qu’elles n’ont pas le même accès à l’information, le même accès à la formation et le même accès aux garanties. C’est quasiment une injonction d’éthique sociale de contrer ces biais et c’est le pli que notre maison mère à pris en créant FIN’Elle. » Eclaire-t-elle au sujet de la genèse cette entreprise née pour soutenir l’inclusion financière et l’autonomisation de la moitié de la population Africaine.
Conscient de ces défis, FIN’Elle ne chôme pas. A ce jour, elle a injecté près de 150 milliards FCFA dans différents secteurs critiques de l’économie. « Que ce soit la croissance, la santé, etc. (…) L’impact est énorme ! Mais ce qui touche, nous tient le plus à cœur et compte réellement, ce sont les histoires personnelles qu’on vit tous les jours et qui nous rapproche de notre engagement citoyen (…)
Que ce soit des clients qui ont commencé par des petits prêts de 2 millions FCFA, 3 millions FCFA et qui, aujourd’hui, ont des investissements de 35 millions FCFA, 50 millions FCFA, 75 millions FCFA sur lesquels nous les accompagnons au bout du 4e, 5e cycle de financement, tous les jours, on se satisfait d’avoir fait ce premier pas avec elles et, aujourd’hui, nous sommes fiers de ce qu’elles ont pu accomplir grâce, en partie, mais vraiment en toute petite partie, grâce à Fin’Elle, parce qu’on leur reconnaît le mérite de la volonté et du travail. » Révèle Yénita Bamba.

A ce jour, FIN’Elle détient d’un portefeuille de 40 000 clients et a financé près de 10 000 projets. Au 31 décembre 2025, les encours dépôts de la mésofiance dédiée à l’inclusion financière et l’autonomie des femmes s’élevaient à 42 milliards FCFA et ses encours crédits à 49 milliards FCFA pour un total bilan chiffré à 50 milliards FCFA. Au terme de notre entrevue au SEIP 2026, Yénita Bamba a déclaré que si elle avait quelques mots à dire à aux femmes pour les encourager à faire le premier pas vers l’épargne, l’investissement et la construction de patrimoine, ce serait en paraphrasant le slogan de FIN’Elle : « Voyez loin ! Nous sommes là pour vous accompagner ! Vous irez loin avec nous ! »
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