Sécurité aérienne : Le taux d’accidents recule en 2025, selon l’IATA

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L’Association du transport aérien international (IATA) a publié, ce lundi 9 mars 2026 à Genève, son rapport annuel sur la sécurité aérienne pour l’année 2025. Le document révèle une amélioration globale du taux d’accidents dans l’aviation mondiale, tout en soulignant de nouveaux défis pour la sécurité du transport aérien.

Selon les données de l’IATA, le taux global d’accidents est passé de 1,42 accident par million de vols en 2024 à 1,32 en 2025, soit environ un accident pour 759 646 vols.

Au total, 51 accidents ont été recensés en 2025 sur 38,7 millions de vols, contre 54 accidents pour 37,9 millions de vols l’année précédente.

Malgré cette amélioration, le nombre de décès a augmenté, atteignant 394 morts en 2025, contre 244 en 2024. L’IATA explique cette hausse par quelques accidents majeurs survenus durant l’année.

« L’avion est la façon la plus sûre de voyager sur de longues distances. Les accidents sont extrêmement rares et chaque accident nous rappelle la nécessité d’améliorer continuellement la sécurité », a déclaré Willie Walsh, directeur général de l’organisation.

Des progrès sur le long terme        

Le rapport souligne que la sécurité aérienne s’est considérablement améliorée au cours de la dernière décennie. Alors qu’entre 2012 et 2016 on enregistrait un accident mortel pour 3,5 millions de vols, la période 2021-2025 affiche désormais un accident mortel pour 5,6 millions de vols.

En 2025, l’aviation commerciale a connu huit accidents mortels, soit légèrement plus que les sept enregistrés en 2024.

Autre fait marquant : aucune perte de contrôle en vol – l’un des accidents les plus meurtriers dans l’aviation – n’a été signalée en 2025.

Les phases de décollage et d’atterrissage restent les plus critiques

Les accidents les plus fréquents observés en 2025 concernent : les contacts de la queue avec la piste, les incidents liés au train d’atterrissage, les sorties de piste, les dommages au sol.

Selon l’IATA, 16 % des accidents sont liés aux infrastructures aéroportuaires, notamment en raison d’obstacles rigides près des pistes ou d’un marquage et d’un éclairage inadéquats.

L’Afrique affiche le taux d’accidents le plus élevé

L’Afrique demeure la région présentant le taux d’accidents le plus élevé au monde, malgré une amélioration notable.

Le taux est passé de 12,13 accidents par million de vols en 2024 à 7,86 en 2025, soit un niveau inférieur à la moyenne des cinq dernières années (9,37).

Dans la région, 71 % des accidents impliquaient des avions turbopropulseurs, et les incidents les plus fréquents concernaient les sorties de piste.

L’IATA souligne également la nécessité d’améliorer les enquêtes sur les accidents. En Afrique, seulement 19 % des rapports d’enquête sont complets, contre 78 % en Amérique du Nord et 75 % en Europe.

Zones de conflit et interférences GPS : de nouveaux risques

Le rapport met aussi en lumière plusieurs risques émergents pour l’aviation mondiale. Parmi eux figurent les zones de conflit, qui compliquent les opérations aériennes et nécessitent une coordination étroite entre autorités civiles et militaires.

L’IATA cite notamment les perturbations liées à la guerre entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part, qui ont affecté certaines routes aériennes.

Autre menace croissante : les interférences avec les systèmes de navigation par satellite (GNSS). Selon les données de l’IATA, les cas de brouillage ont augmenté de 67 % entre 2023 et 2025, tandis que les incidents de falsification du signal GPS ont bondi de 193 %.

Objectif : zéro accident

Face à ces défis, l’IATA insiste sur l’importance de la coopération internationale, de la transparence dans les enquêtes d’accidents et du respect des normes mondiales de sécurité. « L’objectif de l’aviation demeure clair : zéro accident et zéro décès », rappelle Willie Walsh.

Aimé Kouassi