Ce mercredi 8 avril 2026 en visite au Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) à Adiapodoumé, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a été interpellé par la direction de l’institution sur la nécessité d’un appui financier structurant. Au cœur des échanges, le CNRA a formulé une demande de financement global estimé à 10 milliards de FCFA, présenté comme indispensable à la modernisation de l’institution et à la sécurisation de ses activités de recherche.

A cette occasion, le Directeur général, Abdourahamane Sangaré, a dressé un état des lieux sans concession de l’institution, marquée par des difficultés structurelles anciennes. Il a rappelé les périodes critiques traversées, notamment des arriérés de salaires et la destruction de plusieurs infrastructures de recherche. « Le chemin est long et difficile, mais c’est pour cela que nous sommes là », a-t-il déclaré, évoquant néanmoins des avancées notables depuis le changement de tutelle intervenu en 2024. Selon lui, cette réforme a permis au CNRA de retrouver une dynamique de projets structurants et une meilleure intégration aux programmes nationaux de développement agricole. Le directeur général a indiqué que plus de 90 % du contrat de performance ont été exécutés.
Toutefois, les 10 % restants demeurent critiques, car fortement dépendants des financements publics. Parmi les pistes de réforme évoquées figure la transformation du CNRA en société anonyme, avec un capital estimé à 10 milliards de FCFA et une participation majoritaire de l’État. Une option jugée nécessaire pour renforcer la gouvernance, la transparence et la performance de l’institution. Point central de l’échange : la demande d’un financement structuré de 10 milliards de FCFA. Le CNRA plaide pour un mécanisme de recapitalisation permettant également la valorisation de son patrimoine foncier et la révision de son régime fiscal. Pour la direction, il s’agit d’un levier indispensable afin de consolider les acquis et relancer durablement les activités de recherche agronomique.

En réponse, Bruno Nabagné Koné , a salué les efforts du CNRA et réaffirmé le rôle central de la recherche dans la performance agricole nationale. « Nous sommes en mission ensemble, nous devons réussir ensemble », a-t-il déclaré, tout en prenant acte de la demande financière. Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’une évaluation rigoureuse des besoins, incluant investissements, fonctionnement et fonds de roulement, avant toute décision.
Sur le statut juridique, il a estimé qu’une transformation en société anonyme pouvait être envisagée, à condition de préserver la participation majoritaire de l’État. Abordant la question foncière, le ministre a encouragé le CNRA à défendre ses droits sur ses domaines, promettant l’accompagnement de l’État dans la sécurisation du patrimoine foncier. Concernant les ressources humaines, il a reconnu l’importance d’un personnel qualifié, tout en soulignant le coût que cela implique, appelant à une réflexion globale sur le renforcement des capacités.


Cette visite ministérielle au CNRA aura mis en lumière les défis majeurs de la recherche agronomique en Côte d’Ivoire, mais aussi les perspectives de transformation profonde de l’institution. Reste désormais à traduire en actes la promesse d’un arbitrage sur le financement de 10 milliards de FCFA, considéré comme un tournant décisif pour l’avenir du CNRA et, plus largement, pour la souveraineté agricole nationale.
Julien Koffi
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de abidjaneconomie.net même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.


