IATA appelle les États africains à faire de l’aviation un moteur de croissance

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À l’occasion de la conférence Focus Africa 2026 organisée à Addis-Abeba, l’Association du transport aérien international (IATA) a exhorté les gouvernements africains à considérer l’aviation comme un levier stratégique de développement économique et social durable.

Dans un communiqué publié le 29 avril 2026, l’organisation souligne qu’une aviation plus sûre, compétitive et durable pourrait stimuler l’emploi, le commerce, le tourisme et l’intégration régionale sur le continent. « L’aviation constitue une infrastructure économique pour l’Afrique », a déclaré Kamil Alawadhi.

L’IATA met en avant quatre priorités majeures. La première concerne le renforcement de la sécurité aérienne. Bien que le taux d’accidents en Afrique se soit amélioré entre 2024 et 2025, il demeure le plus élevé au monde. L’organisation appelle notamment à une meilleure application des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et à une publication plus rapide des rapports d’accidents.

Deuxième enjeu : la réduction des coûts du transport aérien. L’IATA dénonce le poids élevé des taxes et redevances en Afrique, supérieur de 15 % à la moyenne mondiale. Elle critique particulièrement certaines redevances API-PNR appliquées dans plusieurs pays africains et encourage la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO visant à réduire les charges sur le secteur.

L’organisation insiste également sur la nécessité d’améliorer la facilité de faire des affaires, notamment en garantissant le rapatriement des revenus des compagnies aériennes. À fin mars 2026, les fonds bloqués en Afrique atteignaient 774 millions de dollars, avec des montants particulièrement élevés en Algérie, au Mozambique et en Angola. L’IATA plaide aussi pour un allègement des restrictions de visas afin de renforcer la mobilité régionale.

Enfin, l’organisation voit dans les carburants d’aviation durables (SAF) une opportunité majeure pour l’Afrique. Selon l’IATA, l’Afrique subsaharienne pourrait produire jusqu’à 106 millions de tonnes de matières premières destinées aux SAF d’ici 2050, grâce notamment aux résidus agricoles et forestiers. L’organisation encourage les États africains à investir dans cette filière afin de renforcer la sécurité énergétique du continent tout en soutenant les objectifs climatiques mondiaux.

Aimé Kouassi