Agriculture : Bruno Nabagné Koné dresse le bilan 2025 et trace les priorités du PNIA III

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Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présidé vendredi à Yamoussoukro l’atelier bilan du secteur agricole au titre de l’exercice 2025. Cette rencontre stratégique, organisée en présence du ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a permis de passer en revue les performances du secteur et de préparer la transition vers le troisième Programme national d’investissement agricole (PNIA III), inscrit dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.

Devant les autorités administratives, les partenaires techniques et financiers, les représentants des interprofessions agricoles ainsi que les producteurs venus de plusieurs régions du pays, le ministre Bruno Nabagné Koné a salué les résultats enregistrés au cours de l’année écoulée. Il a notamment rendu hommage aux producteurs agricoles, qu’il considère comme les véritables piliers de l’économie ivoirienne.

« Le succès de ce pays repose sur l’agriculture », a-t-il rappelé, soulignant que le bien-être des agriculteurs demeure au cœur de la vision du Président de la République, Alassane Ouattara.

Des performances agricoles en nette progression

Le bilan présenté au cours des travaux fait ressortir une progression significative des productions agricoles en 2025. Selon le ministre, les cultures d’exportation ont atteint un volume global de 11,25 millions de tonnes, soit une hausse nette de plus de 916 000 tonnes comparativement à 2024.

Cette croissance est principalement portée par les performances de l’anacarde et du caoutchouc naturel. La production de noix de cajou est passée de 944 673 tonnes en 2024 à plus de 1,54 million de tonnes en 2025. Quant au caoutchouc naturel, il affiche une progression de plus de 166 000 tonnes sur la même période.

Les cultures vivrières enregistrent également des résultats encourageants avec une production globale estimée à 25,8 millions de tonnes contre 23,65 millions de tonnes en 2024, soit une hausse de 9 %.

Pour le Directeur général de la Planification, des Statistiques et des Projets, Kokora Dibi, ces performances confirment la solidité du secteur agricole ivoirien. Il a indiqué que l’agriculture représente aujourd’hui 17 % du PIB national, 40 % des exportations et 40 % de l’emploi en Côte d’Ivoire.

Il a également mis en avant les progrès réalisés dans la transformation locale des matières premières agricoles, notamment avec des taux de transformation de 41 % pour le cacao et 43 % pour l’anacarde.

Le PNIA II jugé satisfaisant

Au cours de son intervention, Bruno Nabagné Koné a dressé un bilan positif du Programme national d’investissement agricole de deuxième génération (PNIA II), mis en œuvre entre 2018 et 2025.

Ce programme reposait sur trois axes majeurs : la transformation structurelle du secteur agricole, la résilience climatique et la croissance inclusive visant la réduction de la pauvreté rurale.

Le ministre a salué les efforts des structures sous tutelle et des partenaires techniques et financiers qui ont contribué à l’amélioration de la sécurité alimentaire, à la sécurisation foncière et au renforcement des revenus des producteurs.

Il a également souligné que les résultats obtenus ouvrent des perspectives favorables pour les industries agroalimentaires, l’emploi des jeunes et la souveraineté alimentaire.

Le SARA 2025 dépasse les attentes

Le ministre est également revenu sur les acquis du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA 2025), organisé du 23 mai au 1er juin dernier.

Selon lui, cette 7e édition a connu un franc succès avec plus de 414 730 visiteurs enregistrés et environ 406 milliards FCFA de contrats conclus, contre 403 milliards FCFA lors de l’édition précédente.

Le SARA 2025 a aussi été marqué par le lancement officiel de la Bourse des matières premières agricoles (BMPA) de Côte d’Ivoire, qui démarre ses activités avec trois produits : la noix de cajou, la noix de cola et le maïs.

Pour Bruno Nabagné Koné, cet outil constitue une avancée majeure pour la modernisation de la commercialisation des produits agricoles ivoiriens.

Cap sur une agriculture à forte valeur ajoutée

À l’orée du PNIA III, le ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité de transformer durablement l’économie agricole ivoirienne.

« Il nous faut passer d’une agriculture de subsistance basée sur le volume à une agriculture à forte valeur ajoutée, rentable et digitalisée », a-t-il déclaré.

Il a exhorté l’ensemble des acteurs du secteur à redoubler d’efforts afin de relever les défis de la compétitivité, de l’innovation et de l’employabilité des jeunes.

Le futur PNIA III devra ainsi consolider l’approche agro-polaire engagée dans le cadre du PNIA II, tout en accélérant la transformation structurelle du secteur agricole ivoirien.

À l’issue de son allocution, Bruno Nabagné Koné a officiellement déclaré ouverts les travaux de l’atelier bilan du secteur agricole 2025.

Aimé Kouassi