L’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) de la filière des Petits Ruminants de Côte d’Ivoire (INTERPRu) confirme sa montée en puissance institutionnelle. Réunis ce jeudi 25 juin 2026 à Cocody, les acteurs de la filière ont tenu une Assemblée générale ordinaire couplée à une Assemblée générale extraordinaire, marquant une étape stratégique dans la structuration et la gouvernance de ce secteur jugé clé pour la souveraineté alimentaire du pays. Cette session de travail, placée sous le signe de la consolidation organisationnelle et de la performance, a permis de dresser un bilan détaillé des activités, d’évaluer la gestion financière et d’adopter un ensemble de réformes destinées à renforcer l’efficacité de l’interprofession.
A cette occasion, les délégués issus des différents collèges professionnels ont examiné et validé le rapport technique couvrant la période 2024-2025. Ce document, comprenant le rapport d’activités et le bilan moral, met en lumière les progrès réalisés par l’INTERPRu dans la mise en place de ses organes, la coordination des acteurs et le déploiement progressif de ses actions sur le terrain.
Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 ont également été présentés aux membres, suivis de discussions approfondies sur l’affectation des résultats et la gestion des ressources. Malgré un exercice déficitaire, les responsables ont souligné la trajectoire globalement positive de l’organisation, soutenue par l’engagement des membres et l’accompagnement de partenaires techniques et institutionnels.
Les délégués ont par ailleurs donné quitus au Conseil d’administration, adopté les résolutions proposées et validé le budget partiel de fonctionnement 2026. Celui-ci intègre les contributions des différents collèges, dans une logique de responsabilisation progressive des acteurs de la filière.
La séance a également été marquée par la présentation de plusieurs conventions de partenariat destinées à renforcer la mise en œuvre opérationnelle des activités de l’interprofession et à accompagner son développement institutionnel.
À l’issue des travaux, Mme Louvel Noël, première vice-présidente de l’INTERPRu et présidente du collège des transformateurs, a salué une étape déterminante dans la vie de l’organisation. Selon elle, cette Assemblée générale illustre la volonté des acteurs de structurer durablement la filière des petits ruminants et de se conformer aux exigences de gouvernance des organisations interprofessionnelles agricoles. « Cette session marque une étape importante dans notre évolution. Elle traduit la fin d’un premier cycle de fonctionnement et l’entrée dans une phase de consolidation et de professionnalisation », a-t-elle déclaré.
La responsable a mis en avant les avancées enregistrées depuis la création de l’interprofession, notamment la mise en place effective des organes de gouvernance, la mobilisation progressive des membres et l’implication des différents collèges dans les commissions techniques.
« En très peu de temps, nous avons réussi à bâtir une organisation fonctionnelle. Les acteurs sont engagés et travaillent désormais ensemble pour structurer la filière », a-t-elle ajouté.
Sur le plan financier, Mme Louvel Noël a reconnu que l’exercice 2025 s’est soldé par un déficit, tout en relativisant cette situation, qu’elle juge inhérente à la phase de démarrage. Elle a surtout insisté sur la confiance croissante des partenaires techniques et institutionnels, qu’elle considère comme un indicateur de crédibilité pour l’organisation.
Dans cette perspective, elle a appelé à une accélération de la mise en œuvre des Cotisations Volontaires Obligatoires (CVO), présentées comme un levier stratégique pour assurer la viabilité financière de l’interprofession et renforcer son autonomie.
Concernant les perspectives, l’INTERPRu entend adopter une approche prudente pour l’exercice 2026, avec une priorité accordée à la consolidation des acquis institutionnels.
L’organisation prévoit également de développer progressivement des activités génératrices de revenus afin de soutenir ses actions et renforcer son indépendance financière.
Le bilan de la Tabaski 2026 a, par ailleurs, été évoqué comme un moment clé ayant contribué à renforcer la visibilité de l’interprofession auprès des populations et des acteurs économiques. « Cette période nous a permis de gagner en notoriété et de démontrer l’existence d’une organisation structurée dédiée au développement de la filière des petits ruminants », a souligné la vice-présidente.
L’Assemblée générale extraordinaire a constitué un autre temps fort de la rencontre, avec l’adoption d’un ensemble de réformes structurantes visant à moderniser le fonctionnement interne de l’organisation.
Les membres ont procédé au renouvellement de certains postes vacants au sein des instances dirigeantes, tout en validant des ajustements importants portant sur les statuts et le règlement intérieur.
De nouveaux manuels de procédures administratives, financières, comptables et de gestion des ressources ont également été adoptés, dans le but d’harmoniser les pratiques et de renforcer la transparence dans la gestion.
Pour M. Wilfrid Amoakon, troisième vice-président de l’INTERPRu, ces réformes constituent un tournant majeur dans la vie de l’organisation. « Nous sommes dans une phase de construction. Il est essentiel de poser des bases solides, avec des règles claires, évolutives et adaptées aux réalités du terrain », a-t-il expliqué.
Il a également mis en avant l’importance des partenariats en cours et des mécanismes de financement à venir, qui devraient permettre de renforcer les capacités d’intervention de l’interprofession au bénéfice de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.
Au-delà des questions de gouvernance, l’INTERPRu affiche une ambition stratégique de grande portée : contribuer de manière significative à la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire à travers le développement structuré de la production de moutons et de cabris.
L’organisation entend intensifier ses actions de sensibilisation et d’encadrement afin d’attirer davantage de jeunes et de femmes vers ce secteur, considéré comme porteur d’emplois et de revenus durables.
Les responsables de l’interprofession estiment que la filière des petits ruminants peut devenir un véritable levier de transformation économique, à condition d’être suffisamment structurée et accompagnée. « Notre vision est claire : faire de cette filière un moteur de croissance et un pilier de la souveraineté alimentaire. C’est une opportunité que nous devons saisir collectivement », ont-ils insisté.
À travers cette Assemblée générale, l’INTERPRu réaffirme ainsi son ambition de s’imposer comme un acteur central de la transformation agricole et du développement de l’élevage en Côte d’Ivoire, avec une gouvernance renforcée et une vision résolument tournée vers l’avenir.
Julien Koffi
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