Après plus de vingt ans consacrés aux orphelins, aux veuves et aux personnes vulnérables, la fondatrice de l’ONG Cœur d’Or lance un appel aux autorités pour poursuivre son œuvre malgré la maladie.
Pendant plus de deux décennies, son nom a été associé à la solidarité et au don de soi. Aujourd’hui, c’est à son tour de tendre la main. Tapé Drépéba Juliette, plus connue sous le surnom de « la Vagabonde de la Charité », lance un vibrant appel aux autorités ivoiriennes afin d’obtenir un soutien pour poursuivre la mission qu’elle s’est donnée depuis plus de vingt ans auprès des personnes les plus démunies.
Née le 18 mai 1954, à Toumodi, cette opératrice économique spécialisée dans l’import-export a fondé, en 2004, l’ONG Cœur d’Or, installée à Yopougon Selmer. Son ambition était simple mais immense : venir en aide aux orphelins, aux enfants de la rue, aux veuves en situation de précarité, ainsi qu’aux travailleuses du sexe en quête de réinsertion.
Au fil des années, son engagement a permis à de nombreux enfants de retrouver le chemin de l’école, d’accéder à l’université ou de bâtir une vie professionnelle et familiale. D’autres, malheureusement, n’ont pas survécu aux épreuves de la vie, tandis que certaines personnes accompagnées portent encore les séquelles de leur parcours.

Lors de la crise postélectorale de 2010-2011, Tapé Drépéba Juliette s’est particulièrement illustrée en apportant des vivres, des vêtements et d’autres dons aux populations affectées. Convaincue que la paix devait également passer par la réconciliation, elle affirme avoir organisé, avec ses propres ressources, plusieurs cérémonies destinées à rapprocher les communautés.
« Dieu m’a demandé d’œuvrer pour la réconciliation. J’ai organisé ces rencontres parce que je voulais voir les Ivoiriens se retrouver », confie-t-elle.
Son engagement s’est poursuivi au fil des années. En 2018, son ONG évolue pour devenir la Fondation Tapé Drépéba Juliette, Modèle pour l’Essor de la Nation, avec une action élargie aux questions environnementales et au développement humain.
Mais, 2020 marque un tournant douloureux. Une grave maladie vient fragiliser cette femme de cœur, réduisant considérablement ses capacités physiques et mettant en péril les activités de sa fondation.
Malgré les souffrances, elle refuse d’abandonner ceux qu’elle considère comme ses enfants. Son rêve demeure intact : construire un orphelinat et créer un centre de formation destiné aux enfants de la rue et aux travailleuses du sexe afin de leur offrir une véritable chance de réinsertion.
Avec émotion, elle rappelle que sa foi a toujours guidé son engagement.
« La vraie religion consiste à visiter les orphelins et les veuves », cite-t-elle en référence à l’Épître de Jacques.
Aujourd’hui, celle qui affirme avoir consacré sa vie et une grande partie de ses ressources à soulager la misère lance un appel aux plus hautes autorités de l’État. Elle sollicite l’attention du Président de la République, de la Première Dame, Dominique Ouattara, du Premier ministre, du maire de Yopougon ainsi que de toutes les personnes de bonne volonté susceptibles de soutenir son action.
Son souhait n’est pas seulement d’obtenir une aide personnelle, mais surtout de sauver l’œuvre sociale qu’elle a bâtie depuis plus de vingt ans au profit des plus vulnérables.
Son témoignage rappelle une réalité souvent ignorée : de nombreux acteurs sociaux, après avoir consacré leur existence au service des autres, se retrouvent eux-mêmes confrontés à la maladie, à la précarité ou à l’isolement.
À travers son cri du cœur, Tapé Drépéba Juliette espère que son engagement passé ne sera pas oublié et que la chaîne de solidarité qu’elle a contribué à construire se mobilisera aujourd’hui en sa faveur, afin que son combat pour les orphelins, les veuves et les personnes vulnérables puisse se poursuivre.
Aimé Kouassi
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