A six mois de l’entrée en vigueur du Règlement européen sur les produits sans déforestation (RDUE), prévue pour le 1er janvier 2027, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présenté le samedi 25 juillet à Duékoué, la stratégie ivoirienne pour préserver l’accès de son cacao au marché européen.
Devant plus de 10 000 producteurs réunis à l’occasion de la première Journée nationale de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao, le ministre a insisté sur l’urgence de renforcer la traçabilité de la filière. Les exigences des marchés internationaux ont changé de nature, a-t-il expliqué : les acheteurs ne se contentent plus d’un produit brut, ils veulent désormais des garanties sur son origine, ses conditions de production et son impact environnemental. Pour répondre à ces nouvelles normes, le gouvernement mise sur la généralisation de la carte du producteur, présentée comme un outil clé de sécurisation de la filière.

Au-delà de la traçabilité, cet outil doit aussi faciliter les transactions électroniques et réduire les risques liés à la manipulation d’argent liquide par les planteurs. Le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a pour sa part détaillé les avancées du Système national de traçabilité, appelant les producteurs non encore recensés à régulariser leur situation. Le ministre a également lié cet effort de traçabilité à la question environnementale, en plaidant pour une intensification de la production sur les surfaces déjà exploitées plutôt qu’une extension vers de nouvelles terres. Une orientation présentée comme la meilleure garantie de conformité avec les exigences européennes, tout en préservant le couvert forestier ivoirien. Autre chantier structurant évoqué à Duékoué , l’accélération de la transformation locale. La Côte d’Ivoire transforme aujourd’hui environ 43 % de sa production de cacao et vise 60 % à l’horizon 2030, avec l’ambition, à terme, d’assurer une première transformation systématique avant toute exportation, une manière, selon le ministre, de réduire la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des cours mondiaux.
Pour l’OIA Café-Cacao, dont le président Issiaka Diakité a salué la mobilisation enregistrée à Duékoué, cette rencontre marque une étape dans la structuration du dialogue entre producteurs, commerçants et transformateurs, à l’heure où la filière ivoirienne doit conjuguer compétitivité et conformité réglementaire.
Rodrigue Cofye
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