Mines : La Côte d’Ivoire s’inspire du modèle botswanais pour transformer son potentiel minier en richesse

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La Côte d’Ivoire et le Botswana ont scellé, le 30 juillet 2026 à Gaborone, un accord de coopération dans les secteurs des mines et de l’énergie. Signé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo, ce protocole marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays. Présenté comme le premier accord de coopération entre Abidjan et Gaborone dans ces domaines, ce partenariat traduit surtout la volonté de la Côte d’Ivoire de tirer parti de l’expérience d’un pays reconnu pour la gestion et la valorisation de ses ressources minières.

Le rapprochement entre les deux Etats s’est accéléré au cours des derniers mois. Il a notamment été marqué par une première mission du ministre ivoirien au Botswana en février, puis par la rencontre, en mai dernier à Nairobi, des présidents Alassane Ouattara et Duma Gideon Boko, en marge du sommet France-Afrique. Des experts botswanais ont également effectué une mission en Côte d’Ivoire, notamment sur des sites diamantifères de la SODEMI, afin d’identifier des projets susceptibles de faire l’objet d’une coopération. « Toutes ces missions ont permis d’identifier des projets concrets qui seront mis en œuvre dans le cadre de ce protocole d’accord », a déclaré Mamadou Sangafowa-Coulibaly.

Une coopération orientée vers la valeur ajoutée

Le protocole couvre plusieurs domaines stratégiques, dont la recherche géologique, l’exploration, la filière diamant, les ressources aurifères, les minéraux critiques, la gouvernance, la formation et la coopération institutionnelle. Mais au-delà du partage d’expertise, l’ambition ivoirienne est de s’inspirer du parcours botswanais pour transformer davantage les ressources minières en richesse nationale. Le Botswana a notamment réussi à structurer une économie autour du diamant, en développant progressivement les différents maillons de la chaîne de valeur et en faisant de la gouvernance des revenus miniers un instrument de développement.

Cette expérience constitue une source d’inspiration pour la Côte d’Ivoire, dont le secteur minier connaît une dynamique soutenue. Les découvertes de gisements aurifères de classe mondiale à Koné, Tanda-Iguela et Doropo, ainsi que les perspectives dans le manganèse, le nickel, le lithium et le diamant, ont renforcé l’attractivité du pays.

Pour Abidjan, le défi consiste désormais à aller au-delà de l’exploitation des ressources. Il s’agit de favoriser la transformation locale, de développer les compétences nationales, de créer des emplois qualifiés et de faire émerger un tissu industriel capable de générer davantage de valeur ajoutée.

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La coopération avec le Botswana devrait également contribuer à renforcer la stratégie ivoirienne autour des minéraux critiques, devenus essentiels dans le contexte de la transition énergétique mondiale.

Le partenariat prévoit, par ailleurs, de favoriser les relations entre les secteurs privés des deux pays. L’objectif est de créer un environnement propice aux investissements, aux transferts de technologies et au développement de projets industriels.

À travers cet accord, la Côte d’Ivoire confirme ainsi sa volonté de faire de la coopération Sud-Sud un levier de compétitivité. En s’inspirant de l’expérience botswanaise, Abidjan ambitionne de transformer son potentiel géologique en une véritable dynamique industrielle et économique, capable de produire durablement de la richesse.

Julien Koffi