Sécurité aérienne : l’IATA renforce les capacités des professionnels africains

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L’Association du transport aérien international (IATA) a lancé à Nairobi une série d’ateliers et de webinaires consacrés à la sécurité aérienne. Cette initiative, mise en œuvre dans le cadre de son programme Focus Africa, vise à améliorer les pratiques de sécurité et à renforcer les compétences des professionnels du secteur sur le continent.

La sécurité aérienne reste un enjeu majeur pour le développement du transport aérien en Afrique. Pour contribuer à l’amélioration des performances du continent, l’Association du transport aérien international (IATA) a lancé une série d’ateliers de formation et de renforcement des capacités destinés aux professionnels de la sécurité aérienne.

Le programme s’inscrit dans le Collaborative Aviation Safety Improvement Program (CASIP), l’un des volets de l’initiative Focus Africa de l’IATA. Il prévoit des sessions de formation en présentiel ainsi que des webinaires mensuels consacrés à différents aspects de la sécurité des opérations aériennes.

L’objectif est de mettre à la disposition des professionnels des outils pratiques, des orientations et des bonnes pratiques permettant d’améliorer la gestion des risques et les performances en matière de sécurité.

Des progrès, mais des défis persistants

Le lancement du programme intervient alors que les indicateurs de sécurité aérienne en Afrique montrent une amélioration, tout en restant préoccupants par rapport à la moyenne mondiale.

Selon les données communiquées par l’IATA, le taux global d’accidents en Afrique s’est établi à 7,86 accidents par million de secteurs en 2025, contre une moyenne africaine de 9,37 accidents par million de secteurs sur les cinq années précédentes.

Pour Kamil Alawadhi, vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient, ces progrès ne doivent cependant pas masquer l’écart qui subsiste avec les performances mondiales.

L’organisation entend donc renforcer le partage d’expertise entre les différents acteurs du secteur et favoriser l’adoption de pratiques permettant de réduire davantage les risques liés aux opérations aériennes.

Un premier atelier consacré aux systèmes de gestion de la sécurité

Le programme a débuté en juillet à Nairobi, au Kenya, avec un atelier en présentiel consacré aux Systèmes de gestion de la sécurité (SMS).

Cette première session a été organisée avec le soutien de Boeing, Kenya Airways et de la Fédération internationale des associations de pilotes de ligne (IFALPA). Elle a permis aux participants de travailler sur les mécanismes et outils destinés à mieux identifier, évaluer et maîtriser les risques dans les activités aéronautiques.

D’autres thématiques seront abordées au cours des prochains mois.

En août, un webinaire portera sur la gestion des risques liés aux opérations au sol. En septembre, les professionnels seront sensibilisés aux risques associés aux débris spatiaux. Un atelier en présentiel consacré à la sécurité des pistes est prévu en octobre, tandis qu’un webinaire sur les interférences radioélectriques affectant les systèmes GNSS est programmé en novembre.

Une mobilisation de plusieurs acteurs du secteur

Le CASIP repose sur une collaboration entre l’IATA et plusieurs organisations et entreprises du secteur aéronautique. Parmi les partenaires figurent notamment la Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC), l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), l’Airlines Association of Southern Africa (AASA), Airbus, Boeing, Brussels Airlines, la Civil Air Navigation Services Organisation (CANSO), l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’IFALPA et Kenya Airways.

Cette approche collaborative doit permettre de mutualiser les compétences et les expériences des différents acteurs afin d’apporter des réponses adaptées aux enjeux de sécurité propres au continent.

À travers Focus Africa, l’IATA entend ainsi accompagner les acteurs africains de l’aviation dans l’amélioration des standards de sécurité et contribuer à la mise en place d’un environnement aéronautique plus sûr et plus performant.

L’enjeu est d’autant plus important que le développement du transport aérien constitue un levier essentiel pour renforcer la connectivité entre les pays africains, soutenir les échanges commerciaux et favoriser la mobilité des personnes sur le continent.

Aimé Kouassi