Journées foncières d’Abidjan : la Côte d’Ivoire veut faire du foncier un levier de cohésion sociale et d’investissement

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Le foncier s’impose désormais comme un enjeu majeur de développement, de cohésion sociale et d’attractivité économique en Afrique. C’est tout le sens de la première édition des Journées foncières d’Abidjan (JFA), qui se tiendra du 5 au 7 octobre 2026, au Parc des Expositions de Port-Bouët, autour du thème : « La sécurisation foncière, facteur de cohésion sociale et levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable ». À travers cette rencontre internationale, la Côte d’Ivoire ambitionne de réunir l’ensemble des acteurs du secteur, afin de favoriser le partage d’expériences, la diffusion des bonnes pratiques et une meilleure compréhension des problématiques liées à la sécurisation du foncier.

A l’occasion du lancement de cette première édition, le ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a rappelé la place centrale du foncier dans la vie des populations. « Le foncier se retrouve dans tous les actes de notre vie. Le foncier se trouve au centre de notre vie », a-t-il souligné. Pour lui, une grande partie des difficultés rencontrées dans le domaine foncier trouve son origine dans la méconnaissance des textes, l’ignorance et la confusion entretenue autour des procédures. C’est pourquoi, les JFA doivent donc constituer un espace de dialogue entre administrations, professionnels, experts, secteur privé, partenaires au développement, société civile et populations. L’objectif est de mieux comprendre les règles, partager les expériences et renforcer les capacités des différents acteurs afin de réduire les difficultés liées au foncier.

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La rencontre réunira des délégations venues de 14 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie : Bénin, Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Indonésie, Madagascar, Mali, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo. Le Sénégal a été choisi comme pays à l’honneur de cette première édition. Cette présence traduit la volonté des deux pays de renforcer leur coopération dans un secteur considéré comme stratégique pour la stabilité et le développement économique.

Des réformes importantes en Côte d’Ivoire

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Revenant sur les avancées réalisées en Côte d’Ivoire, Bruno Koné a mis en avant les différentes réformes engagées au cours de la dernière décennie, tant dans le foncier urbain que dans le foncier rural. Il a notamment cité le Code de l’urbanisme et du domaine foncier urbain, le Code de la construction et de l’habitat, ainsi que les réformes relatives au foncier rural. La numérisation de la chaîne foncière constitue également, selon lui, une évolution majeure, puisqu’elle permet de renforcer la traçabilité, de sécuriser les opérations et de mieux conserver les archives. Le ministre a également insisté sur l’importance de faire comprendre aux populations la différence entre les différents documents fonciers. Une attestation villageoise, a-t-il rappelé en substance, ne constitue pas à elle seule un titre de propriété. Il est donc essentiel, pour toute personne qui acquiert une parcelle, d’aller au terme des procédures prévues par la réglementation. Le foncier rural, un chantier prioritaire Sur le foncier rural, les autorités ivoiriennes affichent des ambitions importantes. Le programme national de sécurisation foncière rurale vise notamment la certification de millions d’hectares sur le territoire national. L’objectif annoncé est de poursuivre l’accélération de la délivrance des certificats fonciers, avec l’appui de différents opérateurs et partenaires.

Pour les autorités, la sécurisation du foncier rural doit permettre de consolider les droits des populations, de réduire les conflits, mais également de créer un environnement plus favorable aux investissements agricoles. Faire du foncier un facteur de paix Au-delà des aspects administratifs et techniques, les JFA veulent replacer le foncier dans une perspective plus large : celle de la paix, de la cohésion sociale et du développement. Bruno Koné estime que les difficultés foncières doivent être traitées collectivement, grâce à la mutualisation des expériences et au partage des bonnes pratiques entre les pays. Cette approche rejoint la philosophie portée par le comité d’organisation et ses partenaires.  

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L’ambassadeur du Sénégal en Côte d’Ivoire, S.E.M.  Benoit Barka Saar, a salué cette initiative, estimant que la Côte d’Ivoire constitue aujourd’hui une référence dont l’expérience peut être utile au Sénégal. Il a notamment évoqué la mise en place d’un programme de benchmarking entre les deux pays, destiné à permettre aux acteurs sénégalais de s’inspirer des expériences ivoiriennes dans plusieurs secteurs prioritaires. « La Côte d’Ivoire doit être benchmarkée », a-t-il relevé, mettant en avant les transformations enregistrées par le pays au cours des quinze dernières années.

 Pour le diplomate sénégalais, cette coopération doit fonctionner dans les deux sens : le Sénégal peut apprendre de l’expérience ivoirienne, tout comme la Côte d’Ivoire peut bénéficier de l’expertise sénégalaise.

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Le responsable de Voodoo, structure chargée de l’accompagnement communicationnel et pratique de l’événement, a ainsi présenté une identité visuelle mettant l’humain au cœur de la problématique foncière. La famille représentée dans le visuel symbolise les citoyens et les générations futures. Les parcelles renvoient à la sécurisation et à l’organisation du foncier, tandis que le paysage abidjanais évoque l’aménagement et le développement du territoire. Le satellite symbolise, quant à lui, la modernité et le recours aux nouvelles technologies dans la gestion foncière. Le message porté est sans ambiguïté : un foncier sécurisé doit favoriser davantage de cohésion sociale, d’investissement, de création d’emplois et de développement durable. Abidjan, nouvelle plateforme africaine du foncier Avec cette première édition, la Côte d’Ivoire entend installer durablement Abidjan comme une plateforme de dialogue et d’échanges sur les questions foncières en Afrique.

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Durant trois jours, décideurs publics, administrations, professionnels du foncier, experts, investisseurs, partenaires au développement, chercheurs, représentants de la société civile et acteurs du secteur agricole seront appelés à confronter leurs expériences et à rechercher des réponses communes.

Rodrigue Cofye