Le numérique s’impose progressivement comme un levier stratégique de modernisation de l’agriculture ivoirienne. À l’occasion de la 2ᵉ édition de la Conférence nationale sur l’Intelligence Artificielle (IMPACT IA 2026), le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a mis en avant le potentiel de l’IA pour renforcer la productivité, améliorer les revenus des producteurs et consolider la souveraineté alimentaire.

La Côte d’Ivoire entend tirer davantage parti de l’intelligence artificielle pour relever les défis auxquels est confronté son secteur agricole. Cette ambition a été réaffirmée, jeudi 10 septembre 2026, à Latrille Events, à Abidjan, lors de la 2ᵉ édition de la Conférence nationale sur l’Intelligence Artificielle (IMPACT IA 2026), placée sous la présidence du Premier ministre, Dr Robert Beugré Mambé. Invité à réfléchir sur les perspectives de l’IA en Côte d’Ivoire, Bruno Koné a coanimé un panel ministériel avec le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara. Les échanges ont porté sur le thème : « De la vision aux cas d’usage : structurer l’IA nationale pour résoudre nos défis prioritaires ». Exploiter les données agricoles Fort de son expérience dans le secteur du numérique, notamment en tant qu’ancien ministre de l’Économie numérique et de la Poste, Bruno Koné a particulièrement insisté sur les possibilités offertes par l’intelligence artificielle dans le domaine agricole. Selon lui, l’un des principaux enjeux consiste désormais à mieux exploiter l’importante quantité de données disponibles pour améliorer la prise de décision et rendre les interventions plus efficaces. Données météorologiques, images satellitaires, informations issues des drones, données sur les sols et les rendements, maladies des cultures, évolution des marchés ou encore informations liées au foncier rural constituent, à ses yeux, des ressources stratégiques.
Grâce à l’IA, ces données peuvent être analysées afin de mieux anticiper les risques, optimiser les interventions et améliorer la productivité des exploitations agricoles. De la donnée à la décision Concrètement, une image captée dans une plantation pourrait permettre de détecter rapidement un stress hydrique ou une attaque parasitaire. De même, l’analyse croisée de différentes données pourrait contribuer à prévoir les rendements, optimiser l’utilisation des intrants et anticiper les fluctuations des marchés agricoles. Pour le ministre, l’objectif ne se limite toutefois pas à introduire de nouvelles technologies dans les exploitations. Il s’agit surtout de mettre l’innovation au service des producteurs et des performances économiques du secteur. « Notre priorité, c’est de moderniser notre agriculture, d’améliorer les revenus de nos paysans et de faire en sorte que l’agriculture ivoirienne continue d’être le moteur qu’elle est déjà pour l’économie ivoirienne », a-t-il déclaré.
Former une nouvelle génération de producteurs Cette transformation passe également par le développement des compétences numériques dans le monde agricole. Bruno Koné a ainsi souligné la nécessité de préparer une nouvelle génération de producteurs capables de s’approprier les nouveaux outils technologiques. Des initiatives de formation sont notamment engagées dans les domaines des drones, de l’imagerie satellitaire ainsi que de la collecte, de la gestion et de l’exploitation des données agricoles. La communication et la circulation de l’information apparaissent également comme des facteurs déterminants. L’enjeu est de rapprocher les innovations des producteurs, de vulgariser les connaissances et de rendre les solutions numériques accessibles aux acteurs du monde rural.
La connectivité rurale, un enjeu majeur Pour que cette révolution technologique produise pleinement ses effets, le ministre estime enfin que le développement de la connectivité dans les zones rurales demeure indispensable. L’ambition est de permettre aux producteurs, où qu’ils se trouvent sur le territoire national, d’accéder aux informations et aux technologies susceptibles d’améliorer leurs performances.

À travers cette approche, l’intelligence artificielle apparaît ainsi comme un nouvel accélérateur de la transformation agricole ivoirienne, avec un objectif central : produire mieux, anticiper davantage et améliorer durablement les revenus des producteurs, tout en renforçant la contribution de l’agriculture à l’économie nationale.
Rodrigue Cofye
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