Le gouvernement ivoirien entend faire du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) un véritable levier de développement des entreprises nationales. À l’ouverture du Forum Urbanik 2026, ce lundi 14 septembre à Abidjan, le représentant du ministre de l’Économie et des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a appelé les acteurs du secteur à renforcer le contenu local et à faire davantage bénéficier les entreprises ivoiriennes des opportunités générées par les grands chantiers.
S’exprimant au nom du ministre, le conseiller technique, Daly Coulibaly a salué l’initiative de la Confédération des PME/PMI du BTP de Côte d’Ivoire, en collaboration avec la Chambre nationale des ingénieurs et experts du BTP, pour l’organisation de cette rencontre consacrée au contenu local dans l’industrie du BTP ivoirien et africain. Pour lui, l’enjeu ne consiste plus seulement à multiplier les infrastructures, mais également à s’interroger sur les acteurs qui les réalisent, les compétences mobilisées, les matériaux utilisés, la place des entreprises nationales et la valeur ajoutée créée localement.
« Passer de comment construire à qui va construire »
« Notre ambition ne doit plus être uniquement de construire davantage. Nous devons aussi veiller à ce que la construction de la Côte d’Ivoire contribue davantage au développement des entreprises nationales, à la création d’emplois pour nos jeunes et au développement des compétences nationales », a-t-il déclaré. Le représentant du ministre a ainsi invité les professionnels à passer d’une logique centrée sur la réalisation des ouvrages à une approche davantage orientée vers le contenu local. Cette évolution doit permettre, selon lui, de répondre à plusieurs questions : « Qui va construire, avec quelles compétences, avec quels matériaux, avec quelles entreprises, avec quelle valeur ajoutée locale et combien d’emplois et de compétences allons-nous créer ? » Il a rappelé le poids du BTP dans la dynamique de croissance économique du pays, portée notamment par les grands projets d’infrastructures et les différents plans nationaux de développement.
Des mesures pour favoriser l’accès des PME à la commande publique
Daly Coulibaly a également rappelé plusieurs réformes engagées par le gouvernement pour améliorer l’accès des entreprises, notamment les PME, à la commande publique. Il a cité la réservation d’une part d’au moins 30 % de la valeur des marchés publics aux PME, l’allègement des garanties exigées dans certaines procédures de passation des marchés, la dématérialisation des procédures ainsi que différentes mesures fiscales et incitatives destinées à soutenir l’investissement productif. Ces dispositifs traduisent, selon lui, la volonté des pouvoirs publics de faire émerger des PME nationales plus solides, capables de renforcer leur compétitivité, de créer de la valeur et de générer davantage d’emplois. Mais pour bénéficier pleinement de ces opportunités, les entreprises doivent également renforcer leur structuration et leur professionnalisme. Le gouvernement attend notamment d’elles qu’elles soient en mesure de respecter leurs engagements, les normes et les délais, tout en améliorant leur gouvernance et leur capacité à mobiliser les financements nécessaires à l’exécution des marchés.
Le financement, un enjeu majeur
Le financement demeure, dans cette perspective, l’un des principaux défis pour les PME du BTP. Le représentant du ministre a plaidé pour la poursuite de la construction d’un écosystème financier permettant aux entreprises d’accéder plus facilement aux ressources nécessaires à leur développement et à l’exécution des marchés. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de formalisation et de structuration du secteur privé, notamment pour permettre aux entreprises de mieux accéder aux différents mécanismes d’accompagnement.
La jeunesse au cœur du contenu local
Autre priorité mise en avant : l’emploi et la formation des jeunes. Pour le représentant du ministre, il ne peut y avoir de véritable politique de contenu local sans un investissement conséquent dans les compétences. Il a appelé à rapprocher davantage les établissements de formation, les jeunes diplômés et les entreprises afin de favoriser les stages, l’immersion professionnelle et l’insertion. « Nous devons faire en sorte que les jeunes qui sortent d’une école technique, d’une université ou d’un centre de formation ne découvrent pas le monde de l’entreprise uniquement après leur diplôme », a-t-il souligné. Le secteur du BTP doit ainsi constituer une opportunité réelle pour la jeunesse, en facilitant l’acquisition de compétences, l’expérience professionnelle et l’accès au premier emploi.
Faire du Forum Urbanik un espace de solutions
Au-delà des échanges, Daly Coulibaly souhaite que le Forum Urbanik 2026 débouche sur des propositions concrètes et des partenariats. Il a appelé les entreprises à saisir les opportunités de collaboration, les organisations professionnelles à poursuivre la structuration du secteur et les institutions financières à renforcer leur accompagnement. Il a également invité les acteurs du BTP à travailler davantage avec l’État afin de créer un environnement économique plus favorable aux entreprises nationales. Le représentant du ministre a enfin identifié plusieurs défis pour le secteur, notamment l’amélioration de la qualité des entreprises, la sécurité sur les chantiers, la lutte contre les constructions anarchiques, l’utilisation de matériaux de qualité, le renforcement des compétences professionnelles, la digitalisation et l’incubation.
À l’issue de son intervention, il a souhaité que les trois journées de travaux du Forum Urbanik 2026 permettent de faire émerger « des propositions concrètes, des partenariats futurs et des opportunités réelles » pour les entreprises et la jeunesse. Il a ensuite déclaré, au nom du ministre de l’Économie et des Finances et du Budget, ouvert le Forum Urbanik 2026, consacré au contenu local dans le secteur du BTP ivoirien et africain.
Aimé Kouassi
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