Agriculture : le ministre Bruno Koné invite la jeunesse à s’approprier les opportunités de l’agribusiness

photo Bruno Kone
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L’agriculture ivoirienne entre dans une nouvelle phase de transformation. Pour Bruno Nabagné Koné, l’enjeu n’est plus seulement d’accroître la production, mais de moderniser l’ensemble du secteur afin de renforcer sa compétitivité, sa capacité à créer des emplois et les revenus des producteurs. Avec environ 37 millions de tonnes de production en 2025, l’agriculture représente 17 % du Produit intérieur brut (PIB) et mobilise près de la moitié de la population active. Malgré ce poids dans l’économie nationale, le secteur reste confronté à plusieurs contraintes, notamment la faible mécanisation, la dépendance à la pluviométrie et le niveau encore insuffisant des rendements. « Nous avons une agriculture qui est forte, mais qui aujourd’hui est à un tournant où elle a besoin d’être modernisée, mécanisée, plus intensive et plus compétitive », a relevé le ministre.  

Pour le gouvernement, la modernisation du secteur agricole doit notamment contribuer à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Le riz, le maïs, les produits halieutiques et les autres productions vivrières figurent parmi les filières présentant un potentiel de développement. Mais cette ambition passe, selon Bruno Koné, par une amélioration de la productivité et de la compétitivité des exploitations. L’accès à des semences performantes, aux engrais, à l’eau, à la formation et aux équipements agricoles apparaît ainsi comme un levier déterminant. « On ne peut pas être autosuffisant si on n’est pas compétitif », a-t-il insisté.

La sécurisation du foncier rural constitue également un enjeu majeur pour attirer les investissements et faciliter l’accès au financement. Le ministre a établi un lien direct entre la sécurité foncière, la capacité des producteurs à investir et la possibilité pour les établissements financiers de les accompagner. « La première chose que demandera le banquier, c’est la sécurité sur le foncier », a-t-il expliqué. Bruno Koné a également plaidé pour un meilleur accès aux équipements agricoles, notamment à travers la mutualisation des matériels. Cette approche doit permettre de réduire la pénibilité du travail, tout en favorisant la mécanisation des exploitations.

Au-delà de la production, la Côte d’Ivoire entend renforcer la transformation locale des produits agricoles. Pour Bruno Koné, les chaînes de valeur doivent permettre de mieux exploiter les coproduits, sous-produits et déchets issus de l’activité agricole. L’objectif est double : accroître la valeur ajoutée créée localement et améliorer les revenus des producteurs. « Tout ce que je viens de dire n’a pas de sens si cela ne conduit pas à l’amélioration des revenus de nos producteurs », a déclaré le ministre. Dans cette transformation du secteur, la jeunesse est appelée à jouer un rôle central. Bruno Koné a cité plusieurs domaines susceptibles d’offrir des débouchés aux jeunes entrepreneurs : production de semences, distribution d’engrais, recherche, numérique agricole, données satellitaires, logistique, stockage, transformation et mécanisation.

Pour le ministre, l’agriculture ne doit donc plus être perçue uniquement à travers le métier de producteur. Elle englobe désormais un ensemble de services, de technologies et d’activités économiques autour des chaînes de valeur. S’adressant particulièrement aux jeunes, Bruno Koné a résumé son message en une formule : « Les opportunités sont comme les trains. Ça passe, et il faut monter au bon moment ».

Une invitation à identifier les besoins du secteur, à se positionner sur les nouveaux métiers de l’agriculture et surtout à transformer les opportunités en projets économiques. « Ce sont des opportunités. Mais une opportunité, elle se saisit », a-t-il conclu.

Rodrigue Cofye