Clôture journées Foncières d’Abidjan : Bruno Koné appelle les États à passer des recommandations à l’action

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Les lampions se sont éteints ce mercredi 7 octobre 2026 sur la première édition des Journées foncières d’Abidjan, organisée autour du thème « La gouvernance foncière, levier de paix sociale, d’investissement et de développement durable ». Après trois jours de débats réunissant responsables publics, experts et délégations africaines, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, Bruno Nabagné Koné, a appelé les États à passer des recommandations à l’action pour faire du foncier un véritable instrument de cohésion, d’investissement et de prospérité partagée.

Au terme des échanges, responsables publics, experts, partenaires au développement, acteurs du secteur privé, organisations de la société civile et délégations étrangères ont retenu plusieurs axes d’action. En premier lieu, les participants recommandent de mutualiser les expériences nationales afin de progresser vers un cadre réglementaire harmonisé, transparent et sécurisé, susceptible de favoriser la valorisation du foncier et d’attirer les investissements. Dans le même temps, ils préconisent de renforcer la coopération entre les États et d’associer davantage le secteur privé et la société civile à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des politiques foncières.

À la clôture, Bruno Koné a toutefois rappelé que la prochaine étape appartient désormais aux États. « Il appartient à nos États de faire le pas », a-t-il dit, appelant les gouvernements à porter les recommandations auprès de leurs autorités respectives et à mobiliser les ressources nécessaires à leur mise en œuvre.

Le ministre a également insisté sur la portée économique et sociale de cette gouvernance. « Le foncier doit répondre pleinement à sa vocation : être un levier de paix sociale, d’investissement, de création de richesses et de développement durable », a-t-il déclaré.

Sur le terrain des conflits, les participants recommandent de privilégier le dialogue et la médiation avant le recours aux juridictions. Pour Bruno Koné, l’information constitue également un moyen efficace de prévention. « La bonne information peut être une arme très efficace contre les litiges et les conflits fonciers », a-t-il souligné.

Cette approche ivoirienne a trouvé un écho auprès des délégations étrangères. Pour la Mauritanie, représentée par Mamadou Mamadou Niang, ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière, cette première édition a surtout permis de mettre en commun les expériences nationales. Le représentant mauritanien a considéré les Journées foncières comme un espace utile pour comparer les pratiques et rechercher des réponses adaptées aux réalités de chaque pays.

Il a surtout défendu une conception économique de la terre. « Le foncier est un levier économique », a-t-il fait valoir, estimant que sa bonne gouvernance doit contribuer à soutenir la croissance, attirer les investissements et créer des emplois durables. Pour lui, les problématiques foncières dépassent les frontières nationales et appellent une coopération accrue entre les pays africains.

Du côté du Sénégal, Alain Diouf, ministre auprès du président de la République chargé du suivi et de l’évaluation de l’Agenda 2025, a également mis l’accent sur la sécurisation des droits. Il a rappelé que le foncier constitue une composante importante des politiques de développement de son pays.

Selon lui, la reconnaissance et la protection des droits sur la terre créent les conditions nécessaires à l’investissement. « Le foncier est un socle de l’activité économique et de la paix sociale », a-t-il soutenu, établissant un lien direct entre sécurité des droits, confiance, investissement et développement.

Au-delà de ces convergences, les assises d’Abidjan pourraient désormais prendre une dimension continentale. Une proposition visant à transformer les Journées foncières d’Abidjan en Journées foncières africaines a été formulée à la clôture. Bruno Koné a pris acte de cette perspective, qui permettrait de prolonger le dialogue engagé entre les États et d’élargir le partage d’expériences à l’échelle du continent.

Au final, la première édition des Journées foncières d’Abidjan aura posé les jalons d’une action collective autour de la gouvernance de la terre. Après la cérémonie de clôture, le ministre Bruno Nabagné Koné a organisé, hier soir, un dîner-gala en l’honneur des participants et des délégations étrangères, permettant de prolonger, dans un cadre convivial, les échanges noués au cours de ces trois jours de travaux. Notons que la cérémonie de clôture a enregistré la présence du président du conseil d’Etat, Ibrahim Kuibiert Coulibaly

Julien Koffi