Infrastructure sanitaire : Dominique Ouattara inaugure un pôle de chirurgie cardiaque pédiatrique pour sauver davantage d’enfants

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La Première Dame et présidente de la Fondation Children of Africa Dominique Ouattara, a inauguré, ce vendredi 9 octobre 2026, le nouveau pôle de cardiologie pédiatrique de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville. Cette infrastructure doit renforcer la prise en charge des enfants atteints de malformations cardiaques, notamment grâce à la chirurgie à cœur ouvert, et réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.

Une nouvelle étape dans la prise en charge des maladies cardiaques infantiles en Côte d’Ivoire. La cérémonie s’est déroulée en présence des Premières Dames de l’Angola, Ana Afonso Dias Lourenço, et du Bénin, Nathalie Villette-Wadagni, ainsi que de plusieurs personnalités du secteur de la santé.

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Cette infrastructure vise à améliorer le diagnostic et le traitement des cardiopathies congénitales chez les nouveau-nés et les enfants, en rapprochant les soins spécialisés des familles ivoiriennes.

Dans son discours, Dominique Ouattara a rappelé l’ampleur des besoins. Selon les chiffres qu’elle a présentés, une naissance sur cent en Côte d’Ivoire est concernée par une cardiopathie congénitale et 50 à 60 % des enfants atteints nécessitent une intervention chirurgicale.

« Une cardiopathie congénitale n’a rien d’une fatalité », a-t-elle souligné, précisant que 95 % des enfants opérés atteignent l’âge adulte. Pour la présidente de Children of Africa, l’enjeu est donc de permettre à davantage d’enfants d’accéder à un diagnostic précoce et à des soins adaptés, sans devoir systématiquement se rendre à l’étranger.

Des équipements pour les interventions les plus complexes

Le nouveau pôle vient renforcer le plateau technique de l’Hôpital Mère-Enfant. Il comprend des blocs opératoires adaptés à la chirurgie cardiaque des enfants et des nouveau-nés, un plateau d’exploration cardiologique, ainsi que des capacités d’hospitalisation et de soins intensifs.

L’infrastructure dispose notamment de 20 lits de néonatalogie et de réanimation néonatale et de 22 lits de chirurgie pédiatrique. Ces équipements doivent permettre d’assurer le diagnostic, le suivi et la prise en charge chirurgicale des jeunes patients, y compris pour des interventions à cœur ouvert.

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Le professeur Gérard Babatasi, ancien chef du service de chirurgie cardiaque du CHU de Caen, contribue à la mise en place et au fonctionnement de cette nouvelle unité. Il a insisté sur l’importance du dépistage précoce, qui permet d’intervenir avant que les malformations cardiaques n’entraînent des complications graves.

La prise en charge mobilise plusieurs spécialités, notamment la cardiologie pédiatrique, l’imagerie médicale, l’anesthésie-réanimation et la chirurgie cardiaque. Des professionnels ivoiriens ont également bénéficié ou bénéficient de formations auprès d’équipes spécialisées, notamment à Caen, à Paris, à Dakar et à l’Institut de cardiologie d’Abidjan.

Selon le professeur Babatasi, les premières interventions de chirurgie cardiaque pédiatrique ont débuté chez des nourrissons et des enfants. Le développement progressif de la chirurgie à cœur ouvert doit contribuer à réduire les listes d’attente dans le pays et dans la sous-région.

Réduire les évacuations sanitaires

Pour Hachim Diop, directeur général de l’Hôpital Mère-Enfant, cette inauguration marque une nouvelle étape dans le développement de l’établissement, ouvert en mars 2018.

Il a indiqué que l’hôpital est passé de moins de 2 000 actes médicaux par mois à plus de 15 000, avec plus de 900 000 actes réalisés en huit ans, dont 200 000 au bénéfice des personnes les plus démunies. La Maison de Vie, ouverte en 2024 pour accompagner les familles, a pour sa part accueilli près de 500 familles, selon le directeur général.

Hachim Diop a souligné que le nouveau pôle s’inscrit dans l’objectif de rapprocher les soins spécialisés des populations et de limiter le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger. Il a également appelé au renforcement des complémentarités entre l’Hôpital Mère-Enfant, l’Institut de cardiologie d’Abidjan, le CHU de Bouaké et les autres structures sanitaires du pays.

Le développement de cette unité repose ainsi sur les équipements, mais aussi sur la formation des équipes locales et la coopération avec des partenaires spécialisés, notamment l’organisation La Chaîne de l’Espoir, représentée à la cérémonie par son président, le professeur Éric Cheysson.

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a salué l’ouverture du pôle de cardiologie pédiatrique de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, qu’il considère comme une avancée majeure dans la prise en charge des cardiopathies congénitales chez les nouveau-nés et les enfants. Cette infrastructure permettra de réaliser en Côte d’Ivoire des interventions complexes de chirurgie cardiaque à cœur ouvert, de réduire les évacuations sanitaires à l’étranger et d’alléger les charges supportées par les familles.

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Le ministre a toutefois souligné que la performance de ce pôle reposera sur la formation des professionnels de santé, le transfert de compétences et le développement de partenariats scientifiques. Il a enfin réaffirmé l’engagement de son département ministériel à accompagner cette initiative, saluant l’action de la Première Dame, Dominique Ouattara, en faveur de la santé maternelle et infantile.

Un enjeu médical et social

Au-delà de l’amélioration de l’offre de soins, le nouveau pôle répond à une préoccupation sociale majeure : les conséquences financières et familiales des maladies cardiaques infantiles. Les traitements à l’étranger peuvent représenter une charge importante pour les ménages et retarder l’accès aux interventions nécessaires.

En développant une prise en charge spécialisée à Bingerville, l’Hôpital Mère-Enfant ambitionne de donner à davantage d’enfants la possibilité d’être diagnostiqués, opérés et suivis en Côte d’Ivoire.

Dominique Ouattara a salué la contribution des donateurs, des professionnels de santé et des partenaires qui ont participé à la réalisation du projet. Elle a également exprimé sa reconnaissance au personnel médical et administratif de l’établissement, dont dépendra le fonctionnement durable de cette nouvelle unité.

Aimé Kouassi