L’hôtel Capitol sis à Cocody-Rivira-Golf a servi de cadre ce vendredi 4 juillet, pour la tenue de la deuxième édition des Journées de la femme administrateur (JFEAD 2025). Organisé par le Réseau ivoirien des femmes administrateurs (RIFEMAD), cet événement annuel a rassemblé talents, experts et décideurs autour d’un objectif clair : promouvoir l’égalité de genre dans l’administration publique et renforcer la place des femmes dans la gouvernance de l’État.
Une intervention forte du président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, a donné le ton. « Il n’y a aucune raison de croire qu’un homme est au-dessus d’une femme. C’est une construction sociale, une vue de l’esprit », a-t-il souligné, rappelant l’importance de briser les stéréotypes de genre. Depuis l’Assemblée nationale, où il applique ce principe en plaçant des femmes à des postes-clés, il a insisté sur la nécessité d’un regard équilibré et inclusif pour une gestion publique efficace.
Malgré des progrès tangibles avec 39 % des effectifs de la Fonction Publique occupés par des femmes, leur accès aux hautes responsabilités demeure marginal : seulement 15 % des postes de décision leur sont accessibles. Ce constat accentue la persistance de barrières comme le plafond de verre, les préjugés sociaux et les défis liés à l’équilibre vie professionnelle et familiale.

L’intervention de Mme Anne Désirée Ouloto, ministre d’État, ministre de la Fonction Publique et de la modernisation de l’administration, a mis en perspective ces enjeux. Elle a salué une dynamique réformatrice “en phase avec les réformes en cours”, tout en rappelant la nécessité de renforcer le leadership des femmes et d’assurer une application effective des textes sur la parité. Selon elle, l’engagement des femmes dans l’administration est un levier de gouvernance plus éthique, participative et performante.
Le président du RIFEMAD, Mme Assi Célestine, a quant à elle insisté sur la valeur stratégique d’une administration inclusive. « L’intégration des femmes dans les sphères décisionnelles n’est pas une faveur, c’est une nécessité pour une performance optimale », a-t-elle affirmé. La création d’un annuaire des femmes administrateurs, présenté lors de cette première journée, constitue un outil essentiel pour valoriser et mobiliser ces talents.
Ces journées, mêlant panels, débats, activités sportives et culinaires, visent avant tout à bâtir une communauté forte, solidaire et ambitieuse. « La performance publique se nourrit aussi de diversité, de complémentarité et de justice », rappelle Mme Assi.

Il faut noter qu’au-delà du symbole, cet événement témoigne de la volonté retrouvée de faire de la Côte d’Ivoire une nation où toutes et tous ont leur place dans la gouvernance, contribuant ainsi à une administration moderne, performante et fidèle aux principes de bonne gouvernance.
Julien Koffi
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