PDC2V : À Soubré, l’écloserie d’Odette Bayala, un modèle de réussite féminine et d’impact local

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Une équipe du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V) s’est rendue, le samedi 15 novembre 2025, dans les installations de Mme Odette Bayala, productrice de poissons et bénéficiaire du fonds à coûts partagés pour un montant de 54 millions de FCFA. Une visite qui révèle le parcours inspirant d’une femme déterminée, devenue aujourd’hui l’une des pionnières de l’aquaculture moderne dans la région de la Nawa.

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Une productrice passionnée devenue entrepreneure accomplie

« Je suis d’abord productrice de poissons. » Ainsi commence le témoignage de Mme Bayala, qui rappelle avoir débuté en 2012 avec seulement 300 poissons. Autodidacte, elle évolue progressivement grâce aux formations reçues, avant de découvrir le PDC2V et de postuler au fonds à coûts partagés.

Un an plus tard, son projet est retenu, à la suite d’une sélection pointillée.

Son ambition était claire : installer une écloserie moderne dans une zone dépourvue d’alevins, obligeant les pisciculteurs à parcourir Daloa ou Gagnoa pour s’approvisionner. Grâce au financement reçu, elle a pu réaliser ce rêve.

Une écloserie moderne, 20 bacs et une production multipliée par 20

Avec l’appui du PDC2V, Mme Bayala a construit une véritable unité professionnelle : 20 bacs aménagés, un forage, des installations répondant aux normes techniques de la pisciculture moderne.

Résultat : elle passe d’une production de 5 000 alevins à 20 000 ou 30 000 par cycle, et atteint désormais 100 000 alevins par mois.

Une transformation spectaculaire qui change non seulement sa vie, mais aussi celle de toute la filière locale.

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Une femme qui bouscule les codes

Dans un secteur traditionnellement masculin, elle impose son leadership. « Dans ma famille, je suis la seule fille, et héritière. J’ai appris à travailler comme un homme pour sauvegarder les biens. » explique-t-elle.

Les difficultés ne manquent pas : travail dans l’eau, gestion du personnel, suivi permanent des étangs. Elle emploie aujourd’hui trois personnes, en plus de l’aide ponctuelle de ses enfants. Mais sa passion pour l’aquaculture ne faiblit pas : « Les poissons ne tombent pas malades. Ils reconnaissent vos pas, ils viennent vers vous. C’est un métier passionnant. »

Autonomie financière et réussite personnelle

Au fil des années, son activité lui a permis de gagner en stabilité financière. Elle le dit avec fierté : « J’ai construit ma maison, je ne suis pas en location. Je me sens bien et je fais ce que je veux. »

Chaque jour, elle vend des poissons et des alevins, devenant un acteur incontournable de l’aquaculture dans la Nawa.

Un message fort aux jeunes filles : « Faites avec le cœur »

Pour Mme Bayala, l’essentiel est clair : « Si une jeune fille veut entreprendre, qu’elle le fasse avec le cœur. Si tu aimes ce que tu fais, tu vas réussir. » Elle appelle la jeunesse à considérer la pisciculture comme un métier d’avenir, capable de nourrir, d’employer et d’enrichir les communautés.

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Un exemple vivant de l’impact du PDC2V

Le parcours de Mme Odette Bayala illustre parfaitement l’objectif du PDC2V : soutenir les initiatives locales, professionnaliser les chaînes de valeurs, créer de la richesse au sein des territoires, valoriser le leadership féminin.

À Soubré, son écloserie n’est pas seulement une unité de production : c’est un modèle, un espoir et une source de transformation pour toute une région.

Aimé Kouassi