MATCA sous tension : la MTCI interpelle vigoureusement l’État face à une situation jugée urgente

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Selon lui, la mutuelle accumule depuis plus de quatorze ans des irrégularités qui ont fini par rompre la confiance des transporteurs. Il estime que la MATCA s’est progressivement éloignée de sa mission sociale, laissant place à une gestion opaque qui ne profite plus à ses véritables sociétaires : les conducteurs et propriétaires de taxis-compteurs. « La MATCA doit revenir entre les mains de ceux qu’elle représente. Nous demandons de la transparence, de la justice et un audit sérieux », a martelé Soumahoro Mamadou, appelant à une intervention directe de l’État. Mieux, il sollicite une saisine de la justice pour élucider les zones d’ombre entourant la gestion de la mutuelle. Mais le malaise ne se limite pas à la MATCA.  

Le président de la MTCI a décrit un secteur asphyxié par l’absence de financement , la vétusté d’un parc automobile vieillissant et des charges toujours plus lourdes. L’accès au crédit demeure quasiment impossible : « Pour emprunter 100 millions, on exige une garantie équivalente. Comment un transporteur peut-il se développer dans ces conditions ? », s’est-il interrogé.  

Pour y remédier, il plaide pour la création d’un fonds de garantie réellement accessible et la tenue d’un atelier national pour analyser, avec tous les acteurs, les blocages financiers qui paralysent le secteur. À cela s’ajoute un autre frein majeur. Il s’agit de la prolifération des barrages et postes de contrôle, qui ralentissent les trajets, alourdissent les dépenses et accentuent la pression sur les transporteurs. Soumahoro Mamadou appelle à une réduction drastique de ces obstacles routiers, afin de redonner de la fluidité au travail des professionnels. L’aspect social n’a pas été ignoré.  

Il a rappelé la situation alarmante de nombreux conducteurs ayant travaillé des décennies sans être affiliés à la CNPS, se retrouvant sans retraite après une vie entière passée sur les routes. La MTCI exige donc que l’immatriculation des chauffeurs devienne obligatoire pour mettre fin à cette précarité silencieuse qui gangrène la profession. Tout en saluant les efforts passés du gouvernement, notamment l’enveloppe exceptionnelle de 100 milliards FCFA octroyée par le Président Alassane Ouattara. Soumahoro Mamadou estime que ces appuis n’ont pas suffi à transformer durablement le secteur.

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Aujourd’hui, dit-il, l’urgence impose une action plus ferme, plus ciblée et clairement orientée vers des réformes structurelles. Pour le président de la MTCI, la refonte de la MATCA constitue la première pierre de ce chantier national. « Sans une mutuelle crédible, transparente et équitable, le transport ivoirien ne pourra pas se redresser », a-t-il insisté. Son message est clair : la profession est à bout de souffle et a besoin d’un accompagnement concret de l’État pour éviter l’effondrement. « Nous tirons la sonnette d’alarme. Nous ne pouvons plus continuer ainsi », a-t-il conclu.

 Julien Koffi