L’IATA alerte sur le gel des recettes de nombreuses compagnies aériennes : 1,2 milliard de dollars US restent aujourd’hui bloqués, principalement en Afrique et au Moyen-Orient, ce qui représente environ 678 milliards de FCFA. Depuis avril 2025, seuls 100 millions USD ont été débloqués, ce qui reste marginal.
Selon l’organisation, environ 93 % de ce montant provient de pays situés dans la région Afrique–Moyen-Orient (AME).
Un accès vital mais bloqué aux recettes en devises
L’IATA demande que les gouvernements lèvent d’urgence les restrictions qui empêchent les compagnies de rapatrier leurs recettes issues de la vente de billets, du fret et d’autres activités.
Ces restrictions prennent la forme de procédures lourdes et souvent incohérentes, de délais d’approbation excessifs, d’absence de devises étrangères, ou de contraintes imposées par les banques centrales.
« Les compagnies aériennes ont besoin de ces recettes en dollars pour continuer à fonctionner, payer leurs factures, et maintenir la connectivité aérienne », rappelle le Directeur général de l’IATA.
Dix pays concentrent 89 % des fonds gelés
Dix États sont responsables de l’essentiel de ces fonds bloqués — soit 1,08 milliard USD, environ 608 milliards FCFA :
| Pays / Zone | Montant gelé (USD) | Approx. en FCFA |
| Algérie | 307 M USD | ≃ 173,1 milliards FCFA |
| Zone XAF* | 179 M USD | ≃ 101,0 milliards FCFA |
| Liban | 138 M USD | ≃ 77,8 milliards FCFA |
| Mozambique | 91 M USD | ≃ 51,3 milliards FCFA |
| Angola | 81 M USD | ≃ 45,6 milliards FCFA |
| Érythrée | 78 M USD | ≃ 44,0 milliards FCFA |
| Zimbabwe | 67 M USD | ≃ 37,8 milliards FCFA |
| Éthiopie | 54 M USD | ≃ 30,4 milliards FCFA |
| Pakistan | 54 M USD | ≃ 30,4 milliards FCFA |
| Bangladesh | 32 M USD | ≃ 18,1 milliards FCFA |
*Zone XAF : Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale, Gabon.
Algérie et la Zone XAF sous le feu des critiques
- Pour la première fois, l’Algérie se retrouve en tête du classement. L’IATA attribue cette situation à une nouvelle exigence d’approbation par le ministère du Commerce, s’ajoutant à des formalités déjà lourdes. L’IATA appelle à l’élimination de ces barrières.
- Dans la zone XAF, malgré une légère baisse du montant bloqué (179 millions USD vs 191 millions en avril), les transporteurs peinent toujours à rapatrier leurs recettes : les retards persistent, les procédures sont lourdes, et les compagnies appellent la banque centrale régionale (BCEAO) à simplifier les processus.
Conséquences graves sur le secteur aérien et l’économie
Selon l’IATA, ces blocages compromettent la viabilité des compagnies aériennes : elles risquent d’avoir du mal à honorer leurs engagements — salaires, maintenance, achat de carburant — et la connectivité aérienne essentielle pour le commerce, le tourisme et les échanges internationaux pourrait en pâtir.
« L’accès aux devises doit redevenir une priorité, même lorsque les réserves sont faibles », insiste l’IATA, plaidant pour que les gouvernements honorent leurs engagements dans les accords bilatéraux et libèrent les fonds des compagnies aériennes.
Aimé Kouassi
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