A quelques jours de l’ouverture du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE) 2026, il y a déjà une annonce de 80 projets d’investissement en quête de financement. A travers le lancement de sa plateforme SIREXE Invest, cette deuxième édition entend rapprocher les porteurs de projets des investisseurs et favoriser la concrétisation d’initiatives structurantes dans les secteurs des mines, du pétrole et de l’énergie. Prévu du 18 au 22 novembre au Parc des expositions d’Abidjan, le rendez-vous ambitionne d’accueillir plus de 60 000 visiteurs et 350 exposants. L’annonce a été faite le samedi 7 novembre 2026, lors d’une conférence de presse organisée à l’immeuble Sciam, au Plateau, par la commissaire générale du salon, Mireille Aka, et les responsables de l’organisation.

Au cœur des innovations de cette édition figure le SIREXE Invest, une plateforme conçue pour faciliter la rencontre entre les porteurs de projets et les investisseurs. Selon Marie Josée Assouan, directrice générale adjointe de 2A Consulting, environ 80 projets sont déjà enregistrés. Ils représentent des besoins de financement de plusieurs milliards de francs CFA, sans qu’un montant global ait été communiqué à ce stade. Le secteur énergétique, notamment l’électricité et les énergies renouvelables, concentre une part importante des besoins identifiés. « Sans énergie, nous n’avons pas d’industrie qui peut tourner », a fait remarquer Marie Josée Assouan, soulignant l’importance de la mobilisation des capitaux pour soutenir le développement industriel.
Pour Mireille Aka, cette plateforme doit permettre de révéler des projets parfois méconnus, de les soumettre à l’appréciation des investisseurs et de susciter des engagements financiers. Elle a rappelé que la précédente édition avait déjà permis à certaines banques de prendre des engagements en faveur de projets dans les secteurs concernés. L’ambition est désormais de voir ces engagements se traduire en réalisations concrètes. Au-delà de la mobilisation des financements, le SIREXE 2026 veut renforcer sa dimension internationale. Le Botswana a été désigné pays à l’honneur de cette deuxième édition, dans une perspective de coopération entre États africains et de partage d’expériences en matière de gouvernance minière et de valorisation des ressources naturelles.

Les présidents ivoirien, Alassane Ouattara, et botswanais, Duma Boko, sont annoncés à la cérémonie d’ouverture. À la date de la conférence de presse, 36 délégations issues de 23 pays avaient déjà confirmé leur participation, sur près de 40 attendues. Un chiffre en progression par rapport aux 26 délégations accueillies lors de la première édition, en 2024. Placée sous le thème : « Industrie extractive et énergétique, quelles infrastructures pour soutenir le développement économique de l’Afrique ? », cette édition entend mettre en débat les conditions nécessaires à une meilleure exploitation et transformation des ressources naturelles du continent. Pour la commissaire générale, la disponibilité des ressources minières et énergétiques ne suffit pas à garantir le développement. Leur valorisation exige des infrastructures adaptées, des investissements conséquents et des compétences qualifiées. « Les ressources naturelles constituent un potentiel, mais ce sont les infrastructures, les investissements et les compétences qui permettent de transformer le potentiel en développement », a-t-elle souligné.Sur le plan de la participation, les organisateurs ambitionnent de dépasser les 60 000 visiteurs, contre près de 50 000 enregistrés en 2024. Le nombre d’exposants devrait atteindre 350, tandis que la superficie dédiée aux expositions passera de 7 000 m² lors de la première édition à 11 000 m² cette année.

Environ 6 000 professionnels sont également attendus pour découvrir les innovations et les opportunités couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur des mines, du pétrole et de l’énergie. Parmi les autres nouveautés annoncées figurent les SIREXE Awards, une distinction destinée à récompenser l’excellence et les performances remarquables dans les industries extractives et énergétiques. Cette initiative vise à mettre en lumière les acteurs qui contribuent à la modernisation de ces secteurs et à promouvoir les bonnes pratiques. Le programme prévoit également une journée carrière, le samedi matin, consacrée aux jeunes et aux étudiants. Des rencontres, des ateliers métiers et des démonstrations pratiques leur permettront de mieux appréhender les débouchés professionnels dans les secteurs concernés.
La valorisation des savoir-faire traditionnels occupera aussi une place dans cette édition. Le village Ngata d’Olikro présentera notamment les techniques ancestrales d’extraction de l’or pratiquées par les artisans miniers. La participation des femmes sera, pour sa part, mise en avant à travers le Forum international des femmes minières (FIFEM), qui réunira des actrices nationales et internationales.

Une conférence inaugurale consacrée aux tensions géopolitiques et à leurs implications stratégiques pour l’Afrique et le monde, des sessions scientifiques, des rencontres professionnelles ainsi qu’une journée dédiée au Botswana compléteront les activités.
Après une première édition organisée en 2024, cette deuxième rencontre entend ainsi consolider la place d’Abidjan dans les échanges autour des industries extractives et énergétiques. Pour Mireille Aka, le défi de l’Afrique ne consiste plus seulement à produire davantage, mais à transformer ses ressources naturelles, à créer de la valeur ajoutée et à faire bénéficier les populations des retombées économiques de leur exploitation.
Julien Koffi
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