Akwaba City : Touré Ahmed Bouah revient sur le sabotage de son projet et dénonce les entraves à l’investissement  

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À l’occasion de la cérémonie de dédicace de ses 84 ouvrages tenue hier jeudi 5 novembre 2026 à la librairie Carrefour Siloé de Cocody , Touré Ahmed Bouah est revenu, en filigrane, sur les obstacles qui ont jalonné la réalisation de ce projet d’aménagement territorial. Sans nommer directement les personnes qu’il estime responsables des difficultés rencontrées, l’entrepreneur a livré un témoignage qui met en lumière ce qu’il considère comme les dysfonctionnements susceptibles de conduire au blocage, voire à la mise en échec, d’une initiative de développement. Dans son intervention, le promoteur n’a pas caché les déceptions accumulées au fil de son parcours. « J’ai connu l’enthousiasme des commencements. J’ai connu la confiance que donne un projet lorsqu’il paraît pouvoir transformer un espace et améliorer des vies. J’ai également connu les lenteurs, les incompréhensions, les attentes prolongées, les contradictions et les déceptions », a-t-il déclaré.

 Ces propos font écho aux difficultés associées au projet Akwaba City, dont il entend remettre en perspective les enjeux. Pour Touré Ahmed Bouah, les blocages administratifs et l’absence de décisions dans des délais raisonnables peuvent avoir des conséquences considérables sur les investissements. Il en a décrit les répercussions avec insistance : « Pendant qu’un dossier demeure immobile, une famille continue de payer son loyer. Un entrepreneur continue de supporter ses charges. Un financement peut se retirer. Un chantier peut se dégrader. Un jeune peut perdre une possibilité d’emploi. » Au-delà de son expérience personnelle, c’est donc la question du traitement des projets privés par les institutions qui se trouve posée. L’entrepreneur estime qu’un environnement favorable au développement exige des procédures transparentes, des responsabilités clairement établies et des réponses motivées aux porteurs de projets. « Un silence prolongé laisse chacun suspendu à une décision qui ne vient pas », a-t-il regretté.

 À travers cette sortie, Touré Ahmed Bouah pose également la question de la responsabilité de ceux qui interviennent dans la chaîne de décision. « Qui décide ? Sur quelle base ? Avec quelles informations ? Dans quel délai ? Qui est consulté ? Qui bénéficie de la décision ? Qui en supporte les conséquences ? Et qui répond lorsque les choses se passent mal ? », a-t-il interrogé. Pour le promoteur, l’enjeu est de mettre fin aux pratiques qui fragilisent la confiance entre les investisseurs et les institutions. Il considère que les difficultés d’un projet ne doivent pas être occultées, mais examinées avec rigueur afin d’identifier les responsabilités et de prévenir leur répétition.

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 La dédicace de ses 84 ouvrages aura ainsi constitué une tribune pour prolonger sa réflexion sur la gouvernance foncière, l’aménagement du territoire et la responsabilité publique. En revenant sur les épreuves de son parcours, Touré Ahmed Bouah entend transformer une expérience entrepreneuriale difficile en interpellation sur les conditions nécessaires à la réalisation des grands projets.

Derrière le dossier Akwaba City, c’est finalement une question essentielle qu’il soumet au débat : comment prétendre encourager l’investissement et bâtir des territoires modernes lorsque les initiatives de développement peuvent se retrouver confrontées à des blocages dont les conséquences dépassent largement leurs promoteurs ?

Julien Koffi