Sur les routes nationales de Côte d’Ivoire, notamment la N3 et la N10, l’incivisme des chauffeurs de poids lourds continue de semer la désolation. Ces axes stratégiques, véritables colonnes vertébrales du pays, reliant Abidjan au Burkina-Faso et au Mali, sont devenus le théâtre d’accidents mortels dus à des comportements irresponsables.

Il n’est pas rare de croiser des camions stationnés en pleine chaussée, sans aucun panneau de signalisation. Ces pratiques mettent en danger les automobilistes, qui se retrouvent face à des obstacles imprévus. La N3, qui traverse des villes majeures comme Yamoussoukro, Bouaké, Katiola ou Ferkessédougou, est particulièrement touchée.
Certains chauffeurs de poids lourds, appelés communément routiers, utilisent volontairement leurs « cotes phares » pour éblouir les conducteurs de petites voitures. Ce jeu macabre, hérité d’anciennes traditions, consiste à se vanter d’avoir « jeté » des véhicules en brousse. Une pratique qui perdure, notamment chez des routiers venant du Mali, et qui cause régulièrement des drames.

Récemment, un magistrat et son ami ont failli perdre la vie sur la nationale 10, entre Bouaké et Korhogo. Pris en étau entre un camion stationné sans signalisation et un autre arrivant à vive allure, ils n’ont dû leur salut qu’à une manœuvre miraculeuse. Leur véhicule en est ressorti endommagé, mais eux ont échappé au pire.

Face à cette situation alarmante, la sensibilisation seule ne suffit plus. Les autorités doivent renforcer la répression et appliquer des sanctions exemplaires pour mettre fin à ces comportements criminels. La sécurité des usagers dépend d’une vigilance accrue et d’une volonté politique ferme.
Aly OUATTARA , correspondant District Autonome des Savanes
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