Le contentieux entre l’administration du président Donald Trump et la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) a franchi une étape inédite le week-end dernier, avec l’ouverture d’une enquête pénale visant le président de la banque centrale, Jerome Powell. Le ministère de la Justice a servi des assignations à comparaître à la Fed et menacé de poursuites pénales, une démarche qualifiée par Powell de tentative d’intimidation politique visant à influencer la politique monétaire de l’institution.
Un dossier centré sur des travaux de rénovation
Le point de départ officiel de l’enquête porte sur des déclarations faites par Powell en juin dernier lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat au sujet de la rénovation des locaux de la Réserve fédérale à Washington. La Fed aurait engagé environ 2,5 milliards de dollars pour ce projet. Converti à un taux indicatif où ce montant équivaut à environ 1 650 milliards FCFA de dépenses.
Powell a fermement rejeté les accusations laissant entendre qu’il aurait fourni une fausse information au Congrès, qualifiant la manœuvre de prétendue justification pour faire pression sur la Fed en raison de désaccords sur la politique des taux d’intérêt.
La riposte politique ne s’est pas fait attendre à Washington. Le sénateur Thom Tillis, membre influent de la commission bancaire au Sénat et républicain qui ne se représente pas, a promis de bloquer toute nomination présidentielle à la Fed tant que cet épisode ne sera pas résolu, exprimant des doutes sur l’indépendance du ministère de la Justice.
Sur un autre front, plusieurs anciens présidents de la Fed, dont Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, ont publiquement condamné ce qu’ils jugent être une ingérence sans précédent dans l’autonomie de la banque centrale, soulignant les risques pour la stabilité économique et la crédibilité des institutions américaines.
Trump nie toute implication directe
Interrogé sur l’enquête, Donald Trump a déclaré à la télévision qu’il n’était pas au courant des actions du ministère de la Justice et qu’il ne voyait pas de lien entre cette enquête et ses désaccords avec la politique monétaire. Toutefois, il n’a pas formellement démenti les accusations portées par Powell.
Les marchés financiers ont immédiatement réagi à cette nouvelle escalade. Les contrats à terme sur les principaux indices américains affichaient des mouvements baissiers dans les échanges avant l’ouverture, reflétant les inquiétudes des investisseurs face à une possible intervention politique dans la conduite de la politique monétaire.
Avec des résultats trimestriels de grandes banques attendus cette semaine, l’attention des opérateurs restera focalisée sur l’impact de ces tensions politiques et juridiques sur la stabilité financière aux États-Unis et à l’échelle mondiale.
Aimé Kouassi
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