Annoncé comme un moment de clarification dans le conflit qui oppose ESTP à SOPHIA SA autour d’un projet d’aménagement foncier à Anyama 4 Croix, le face-à-face prévu vendredi 18 septembre 2026 , n’a finalement pas eu lieu. Mory Soumahoro était présent avec plusieurs propriétaires coutumiers, tandis que Touré Ahmed Bouah n’a pas participé à l’émission.

Le rendez-vous était fixé. Il devait permettre aux deux protagonistes du litige foncier d’Anyama 4 Croix de confronter publiquement leurs versions. Mais le face-à-face entre Mori Soumahoro, directeur général d’ESTP, et Touré Ahmed Bouah, PDG de SOPHIA SA, n’a finalement pas eu lieu, vendredi 18 septembre 2026. À l’heure prévue pour l’émission, organisée à l’invitation d’une chaîne de télévision ivoirienne, Mory Soumahoro était présent sur le site, accompagné de plusieurs propriétaires coutumiers. Ces derniers avaient été conviés pour apporter leur éclairage sur un dossier qui concerne leurs terres.
Touré Ahmed Bouah, en revanche, n’a pas effectué le déplacement. Une trentaine de minutes avant le début de la rencontre, son conseiller spécial et directeur de la communication de SOPHIA SA, Battey Camille, a annoncé que le patron de l’entreprise ne participerait finalement pas à l’émission. Cette absence intervient alors que des explications avaient été avancées autour d’un éventuel arrangement entre les deux parties. Mori Soumahoro affirme cependant n’avoir eu aucun échange téléphonique avec Touré Ahmed Bouah avant la rencontre. « Je n’ai pas appelé Touré Ahmed Bouah pour une conciliation. Il ne m’a pas appelé non plus », a-t-il déclaré.
Le directeur général d’ESTP réfute ainsi l’idée selon laquelle une discussion préalable entre les deux hommes aurait rendu le face-à-face inutile. Selon lui, les propriétaires coutumiers avaient pourtant fait le déplacement et attendu plusieurs heures. « J’ai appelé tous les propriétaires. Ils sont restés ici jusqu’à 11 heures, midi. On ne l’a pas vu », a-t-il expliqué. Pour Mori Soumahoro, la présence de Touré Ahmed Bouah était essentielle afin de permettre aux différentes parties de confronter leurs versions devant les personnes directement concernées. Malgré l’échec de cette première rencontre, le patron d’ESTP dit rester favorable à un nouveau débat. Mais il souhaite cette fois que les échanges se tiennent en présence de la chefferie d’Anyama 4 Croix. « Je veux que Touré Ahmed Bouah vienne pour qu’on parle. Il y a des choses que je ne dirai que quand il sera là. J’ai des questions à lui poser et on verra s’il peut me donner les réponses », a-t-il lancé. Mori Soumahoro souhaite notamment que le chef des 4 Croix soit présent lors de cette éventuelle prochaine rencontre. Il estime que la chefferie dispose d’éléments importants pour éclairer les différentes versions qui s’affrontent dans ce dossier. Il dit notamment s’interroger sur la position actuelle de la chefferie concernant certains documents coutumiers liés au terrain.
Le litige porte sur un projet d’aménagement foncier à Anyama 4 Croix. Mori Soumahoro affirme avoir engagé 1,79 milliard de FCFA dans le cadre de l’opération portant sur une parcelle annoncée de 346 hectares. Le dirigeant d’ESTP soutient que des documents qu’il considère comme irréguliers lui auraient été présentés pour justifier l’opération. De son côté, Touré Ahmed Bouah conteste la version de son interlocuteur et soutient notamment qu’ESTP n’aurait pas réalisé les travaux sur la parcelle pour laquelle un mandat lui aurait été donné.

Le différend a désormais pris une tournure judiciaire. ESTP a annoncé avoir saisi, le 17 août 2026, le parquet du Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’une plainte portant notamment sur des faits allégués de faux et usage de faux, suivis d’escroquerie. Ces accusations relèvent désormais de la procédure judiciaire et devront être établies par les autorités compétentes. Malgré la tension entre les deux parties, Mori Soumahoro affirme ne pas fermer la porte à une solution négociée. « Nous ne refusons pas un éventuel arrangement », a-t-il indiqué, tout en posant ses conditions. Selon lui, un éventuel accord devrait notamment permettre à ESTP de récupérer les lots qu’il considère comme lui revenant ainsi que ceux qu’il affirme avoir vendus pour le compte de Touré Ahmed Bouah. « S’il me donne mes 3 000 lots et les lots que j’ai vendus pour lui, il n’y a plus de débat », a-t-il déclaré. Pour le dirigeant d’ESTP, l’objectif est désormais de parvenir à une clarification définitive du dossier. Il appelle donc à un nouveau face-à-face, cette fois devant la chefferie et les familles concernées.
Le bras de fer entre les deux entreprises reste ainsi ouvert, tandis que la procédure engagée devant le PPEF devrait contribuer à déterminer les responsabilités dans ce dossier foncier qui continue de susciter de nombreuses interrogations à Anyama 4 Croix.
Julien Koffi
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