Le président gambien Adama Barrow a nommé Cany Jobe, figure reconnue de l’industrie pétrolière et gazière, au poste de directrice générale de la Commission pétrolière de Gambie. Cette nomination marque une étape stratégique dans la volonté du pays de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux et de faire progresser l’exploration des hydrocarbures, dans un contexte de réformes réglementaires accélérées.
La Chambre africaine de l’énergie (African Energy Chamber – AEC) a salué cette décision, la qualifiant de déterminante pour la transformation du profil d’investissement de la Gambie. Selon l’organisation, Cany Jobe sera la principale ambassadrice du secteur pétrolier et gazier gambien, avec pour mission d’attirer les capitaux étrangers et de positionner le pays comme une destination de référence pour l’exploration en Afrique de l’Ouest.
Un profil international au service de l’amont pétrolier
Cany Jobe apporte à la Commission pétrolière près de 18 années d’expérience internationale couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du pétrole et du gaz. Elle est titulaire d’un master en ingénierie de l’Université d’Australie occidentale et d’un master en gestion de projets internationaux de l’Université Caledonian de Glasgow.
Avant sa nomination, elle occupait le poste de directrice de l’exploration et de la production à la Gambia National Petroleum Corporation (GNPC), où elle a joué un rôle clé dans l’élaboration de la stratégie amont, la gestion des données et le dialogue avec les investisseurs potentiels. Son parcours comprend également des expériences au sein d’institutions régionales et internationales en Asie, en Australie, en Afrique de l’Ouest et en Amérique, notamment à la China Petroleum Corporation, à la PDVSA vénézuélienne, ainsi qu’à la Commission de la CEDEAO en tant que consultante nationale.
Un timing stratégique pour la Gambie
La nomination de Mme Jobe intervient à un moment charnière du développement énergétique de la Gambie. Situé au cœur du bassin MSGBC — l’une des provinces offshore les plus prometteuses au monde — le pays dispose d’atouts géologiques et techniques significatifs, même s’il n’a pas encore enregistré de découverte commerciale d’hydrocarbures.
La Gambie met actuellement à disposition des investisseurs plus de huit blocs offshore et deux blocs onshore, ce qui en fait l’un des marchés frontaliers les plus accessibles d’Afrique de l’Ouest. Environ 80 % des données sismiques et géologiques offshore ont déjà été acquises, réduisant sensiblement le risque d’exploration et facilitant la prise de décision des opérateurs internationaux.
La proximité géologique avec des découvertes majeures réalisées dans les pays voisins, notamment le champ pétrolier de Sangomar au Sénégal et le projet Greater Tortue Ahmeyim partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, renforce les perspectives d’exploration dans les eaux gambiennes.
Réformes réglementaires et appel aux investisseurs
Parallèlement, le gouvernement gambien finalise un nouveau projet de loi sur l’exploration, le développement et la production pétrolière, destiné à renforcer la transparence, l’efficacité et la confiance des investisseurs. Cette réforme vise à aligner le cadre juridique national sur les meilleures pratiques internationales, améliorant ainsi l’environnement opérationnel du secteur.
Pour NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, la nomination de Cany Jobe est porteuse d’un signal fort : « Cany Jobe a défendu avec constance le droit de la Gambie et de l’Afrique à produire leur pétrole et leur gaz. Elle a travaillé sans relâche à l’échelle mondiale pour faire progresser une industrie en laquelle elle croit profondément », a-t-il déclaré, appelant l’industrie pétrolière internationale à soutenir massivement le secteur gambien.
Selon lui, la nouvelle directrice générale apporte la combinaison idéale d’expertise technique, d’expérience internationale et de vision stratégique pour transformer le potentiel géologique de la Gambie en investissements concrets et durables.
Avec Cany Jobe à la tête de la Commission pétrolière, la Gambie entend désormais passer du statut de marché émergent à celui d’acteur crédible de la prochaine génération de producteurs d’hydrocarbures en Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur un cadre réglementaire modernisé et une stratégie d’investissement clairement affirmée.
Aimé Kouassi
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