Filière manioc : La Côte d’Ivoire lance officiellement l’OIA manioc et vise plus de 48 000 emplois

TOF MANIOC 1 BON
54 / 100 Score SEO

La Côte d’Ivoire a franchi une étape majeure dans la structuration et la modernisation de son agriculture vivrière avec le lancement officiel de la nouvelle Organisation Interprofessionnelle Agricole de la Filière Manioc (OIA Manioc). La cérémonie s’est tenue, mardi 27 janvier 2026 à Abidjan, à l’occasion d’une table ronde de haut niveau réunissant autorités publiques, partenaires techniques et financiers, investisseurs, secteur privé et acteurs de la chaîne de valeur du manioc.

Pilier de la sécurité alimentaire nationale, le manioc occupe une place centrale dans l’alimentation quotidienne des Ivoiriens et constitue une source essentielle de revenus, d’emplois et d’entrepreneuriat, notamment pour les femmes et les jeunes. Face aux défis liés à la croissance démographique, à l’urbanisation, à la volatilité des marchés et à la concurrence foncière des cultures de rente, l’État et ses partenaires ont engagé, depuis plus d’une décennie, d’importants investissements pour renforcer la production, la transformation, l’accès aux marchés et la gouvernance de la filière.

Ces efforts ont abouti à la création d’une interprofession unique, démocratiquement élue, structurée autour de trois collèges représentatifs : Producteurs, Transformateurs et Commerçants. L’OIA Manioc se veut désormais l’outil central de coordination, de dialogue public-privé et de défense des intérêts collectifs de la filière.

La table ronde avait pour objectifs de présenter la nouvelle gouvernance de l’OIA Manioc, de partager sa stratégie et son plan d’action 2026, de mettre en lumière les opportunités d’investissement et d’aligner l’ensemble des parties prenantes autour d’une vision commune de sécurité alimentaire, d’inclusion sociale et de transformation économique durable.

S’exprimant à cette occasion, Nomel Kévin Yedoh, Président du Conseil d’Administration de l’OIA Manioc, a souligné que « le lancement de l’OIA Manioc constitue une avancée majeure pour l’agriculture ivoirienne, en offrant à la filière une gouvernance unifiée capable de transformer un pilier de la sécurité alimentaire en un véritable levier de création de valeur, d’emplois et d’investissements durables ».

Dans son discours d’ouverture, Mme Hilary Barry, Secrétaire Générale de LadyAgri et Directrice du programme SAFAF, a rappelé que le manioc est bien plus qu’une culture vivrière : « c’est un actif stratégique national, au cœur de l’équilibre alimentaire, de l’économie rurale et de la souveraineté agroalimentaire ». Elle a insisté sur la nécessité de dépasser la fragmentation des acteurs pour bâtir une filière coordonnée, compétitive et résiliente.

Représentant le Directeur de la DOPA, Tiegnon Clement, sous-directeur des chambres consulaires et de la Professionnalisation lors de la table ronde investisseurs, a mis en avant la volonté de l’État, sous l’impulsion du Ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, de positionner les filières vivrières organisées comme de véritables moteurs de croissance, d’emplois et d’industrialisation. Il a souligné que la structuration interprofessionnelle constitue un facteur clé de réduction des risques et d’attractivité pour l’investissement public et privé.

Organisée par l’OIA Manioc avec l’appui de LadyAgri Impact Investment Hub, dans le cadre du programme SAFAF – Sécurité Alimentaire de la Fourche à la Fourchette, cofinancé par l’Union européenne, en partenariat avec l’OCPV et en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, cette initiative ambitionne des résultats concrets.

À terme, la mise en œuvre de la stratégie de l’OIA Manioc devrait permettre la création de 48 200 emplois, renforcer la substitution aux importations, stimuler l’industrialisation agroalimentaire et consolider la sécurité alimentaire de la Côte d’Ivoire.

Avec le lancement de l’OIA Manioc, la filière entre ainsi dans une nouvelle ère : celle d’une organisation structurée, tournée vers l’investissement, la création de valeur et le développement durable au service des populations.

Aimé Kouassi