JNPCA 2026 : Robert Beugré Mambé appelle à la révolution de la valeur ajoutée autour du cajou

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À Yamoussoukro, dans le cadre solennel de la Fondation Félix Houphouët-Boigny, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a livré un message à forte portée stratégique à l’ouverture des Journées nationales des producteurs de coton, d’anacarde et de karité (JNPCA). Face aux acteurs des trois grandes filières agricoles, le Chef du Gouvernement a fixé le cap : transformer l’anacarde ivoirien en véritable levier d’industrialisation, d’économie circulaire et d’insertion compétitive sur les marchés mondiaux.

Par un discours à la fois pédagogique et prospectif, Robert Beugré Mambé a invité les producteurs, les coopératives et les jeunes entrepreneurs à dépasser la simple commercialisation de la noix brute pour explorer « toutes les potentialités de ce trésor national ». De la pulpe à la coque, du fruit à ses dérivés, il a insisté sur une valorisation intégrale du cajou.

« Nous avons la possibilité de produire de l’énergie par la biomasse, de l’huile, de l’électricité, des sirops, des boissons fermentées, des confitures, des farines et bien d’autres produits qui énergisent nos populations et alimentent la circulation économique », a-t-il déclaré.

Pour le Premier ministre, la noix de cajou ne doit plus être perçue comme un simple produit d’exportation, mais comme la base d’un écosystème industriel complet : agroalimentaire, énergétique, cosmétique et pharmaceutique. Il a particulièrement exhorté les jeunes entrepreneurs à investir les segments innovants tels que les farines de cajou, les huiles, les pâtes, les produits phosphatés et les applications culinaires variées, allant des sauces aux desserts.

Une vision d’économie circulaire assumée

Robert Beugré Mambé a replacé cette ambition dans la dynamique d’une économie circulaire où rien ne se perd : la coque pour la biomasse, la pulpe pour les boissons et confitures, la noix pour l’alimentation et la transformation industrielle.

« C’est l’économie qui utilise l’intégralité de la noix, de la pulpe et de ses dérivés, tout en réduisant les coûts d’intermédiation pour pénétrer directement les marchés », a-t-il expliqué.

Il a rappelé le rôle décisif des mécanismes de régulation mis en place par l’État durant la pandémie de 2020 et face aux contraintes commerciales internationales, permettant aux coopératives d’écouler leurs stocks malgré les difficultés rencontrées par les grands importateurs.

Un contexte international défavorable, un choix protecteur

Le Premier ministre a ensuite instruit le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, de procéder à l’annonce officielle du prix bord champ plancher de la campagne cajou 2026.

Dans son intervention, le ministre a détaillé un contexte international marqué par un repli du marché, notamment sous l’effet des mesures tarifaires américaines sur les produits transformés. À cela s’ajoute la baisse significative du dollar, passé de 620 FCFA à 565 FCFA, réduisant mécaniquement la valeur des exportations.

Malgré ces contraintes, le Gouvernement, sur instructions du Président de la République, a tenu à fixer un prix « prudent mais protecteur », en cohérence avec la trajectoire des sept dernières campagnes où le prix a varié entre 275 et 425 FCFA/kg.

Il a également rappelé que ce prix plancher est révisable fin avril, conformément à la réforme de la filière, si les conditions du marché deviennent plus favorables.

Protéger les producteurs, priorité gouvernementale

Le message central est resté constant : protéger durablement les revenus des producteurs tout en préservant l’équilibre financier de la filière.

Le Directeur général du Conseil Coton-Anacarde-Karité, Mamadou Berté, a salué « la grande vision du Président de la République » qui a permis à ces filières de devenir des références mondiales. La cérémonie a été marquée par la signature d’une convention entre le Conseil et la CNAM, élargissant la couverture sociale aux producteurs.

Plusieurs coopératives et producteurs ont été distingués, avant que le Premier ministre ne procède à la coupure du ruban des stands d’exposition.

« La filière tient son âme au cœur de la société »

Dans une conclusion empreinte de proximité, Robert Beugré Mambé a rappelé aux acteurs leur responsabilité collective dans le respect du prix plancher annoncé.

« Mes frères et mes sœurs, la filière est en marche grâce à vous. Elle tient son âme au cœur de la société. »

À travers ce discours, le Premier ministre n’a pas seulement parlé de prix ou de marché. Il a esquissé une feuille de route claire : faire du cajou un moteur d’industrialisation rurale, de création de valeur locale et de souveraineté économique.

Aimé Kouassi