Le village Songon Agban Attié 2 est traversé, depuis quelques jours, par une vive tension. Sur place, mercredi dernier, les populations disent exprimer leur colère à la suite de ce qu’elles considèrent comme un refus d’appliquer une décision du Conseil d’État rétablissant le chef Loba Moussan Barnabé dans ses droits.
À l’origine de la crise, une longue bataille juridique qui, selon les proches du chef, devait mettre fin à l’incertitude. « Nous n’allons pas nous laisser faire », avertit le secrétaire chef Loba Moussan Barnabé, estimant que les autorités administratives compétentes auraient choisi d’aller à l’encontre de la décision de justice.
Trois ans de procédure, une décision attendue… et une application contestée
Selon le récit des habitants, c’est après trois ans de bataille juridique que le Conseil d’État a rendu une décision rétablissant Loba Moussan Barnabé comme chef du village de Songon Agban Attié 2.
En effet, dans son audience publique ordinaire du 12 novembre 2025, le Conseil d’État, indique-t-on, a rendu un arrêt qui annule l’arrêté N°063/PA/SG/D1 du 16 octobre 2023 du préfet du département d’Abidjan portant nomination de M. N’Cho Jérôme Atsé comme chef du village de Songon Agban Attié 2. La juridiction administrative aurait, dans le même temps, rétabli Loba Moussan Barnabé dans sa qualité de chef.
Pour les proches du chef, cette décision devait être suivie d’une exécution immédiate, mettant ainsi fin au litige. Mais la suite, disent-ils, a suscité incompréhension et colère.
Alors que la décision du Conseil d’État semblait devoir clore définitivement l’affaire, les populations disent ne pas comprendre pourquoi, au lieu d’un simple rétablissement effectif, il est question d’organiser une consultation populaire.
« On ne comprend pas pourquoi on n’applique pas la grosse qui est une décision de justice et on s’évertue à organiser une consultation populaire », déplore le chef résidant, qui appelle le ministère de l’Intérieur ainsi que l’ensemble des autorités administratives à s’impliquer dans l’application stricte des décisions de la juridiction.
Le secrétaire général, Loba Moussan Barnabé insiste : « Ça n’a vraiment pas de sens cette nouvelle consultation populaire après la décision du Conseil. Nous n’accepterons aucune autre manipulation », martèle-t-il, avant de lancer un appel au respect de la loi.
Interrogé par téléphone, Jean-Marc Sery, sous-préfet de Songon, apporte un autre éclairage. Pour lui, la consultation envisagée correspondrait à « une activité administrative instruite par le préfet d’Abidjan ».
Une explication que les habitants, eux, jugent insuffisante. « On a saisi toutes les autorités pour prévenir toute manipulation », indiquent-ils, appelant à la désescalade et à l’apaisement rapide.
À Songon Agban Attié 2, la situation demeure sous haute surveillance. Entre l’exigence de l’application d’une décision de justice et la justification administrative d’une consultation, les populations demandent des actes concrets et immédiats, estimant que tout retard ou toute démarche contraire pourrait être source de nouveaux heurts.
Dans les prochaines heures, l’annonce de la consultation prévue le samedi 04 avril 2026 sera scrutée attentivement par les habitants, qui disent vouloir que le droit soit respecté sans ambiguïté.
Rodrigue Cofye
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