Dans le cadre du panel ministériel de haut niveau organisé ce mardi 21 avril 2026, à Meknès, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), consacré à « la production animale et à la transformation des systèmes alimentaires », le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a exposé les priorités stratégiques de la Côte d’Ivoire face aux défis croissants des systèmes alimentaires mondiaux.

Portant la voix de son collègue, Sidi Tiémoko Touré, Bruno Koné a, d’entrée de jeu, posé un diagnostic des filières animales et halieutiques, tant à l’échelle africaine qu’au niveau national. « La hausse continue de la demande en protéines animales, combinée à la volatilité des marchés et aux contraintes environnementales, fragilise les équilibres agricoles, notamment en Afrique. Pour la Côte d’Ivoire, le diagnostic est clair : le pays reste structurellement dépendant des importations, ne couvrant que 49 % de ses besoins en viande, 13 % en produits laitiers et 12 % en ressources halieutiques », a-t-il déclaré.
Un déficit qui, a-t-il ajouté, « pèse sur la balance commerciale et limite la création de valeur locale, alors même que le secteur mobilise une part importante de la population rurale et constitue un gisement significatif d’emplois ». Pour faire face à ces défis, les autorités ivoiriennes misent sur une transformation en profondeur du secteur. La nouvelle Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA II 2026-2030) vise à porter le taux de couverture des besoins nationaux à 75 % d’ici 2030. « Au-delà de l’objectif de souveraineté alimentaire, il s’agit de renforcer la compétitivité des filières, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes », a souligné le ministre.

Dans cette dynamique, la coopération internationale apparaît comme un levier déterminant. La Côte d’Ivoire plaide pour un renforcement des partenariats Sud-Sud et triangulaires, tout en appelant à une mobilisation accrue des financements en faveur de l’adaptation agricole. À ce propos, le ministre Bruno Koné a salué la collaboration entre la Côte d’Ivoire et le Royaume chérifien, notamment dans le domaine de l’amélioration génétique, présentée comme un modèle de coopération à fort potentiel pour le continent. Le chef de la délégation ivoirienne a indiqué que l’ensemble de ces actions vise à faire de l’agriculture ivoirienne un moteur de croissance inclusive, capable de réduire les importations, d’améliorer la balance commerciale et de soutenir le développement local.


Ce panel ministériel a réuni les ministres ivoirien, marocain, portugais et français, en charge des secteurs agricole, animal et halieutique de leurs pays respectifs. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire participe à la 18ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc, qui se tient du 20 au 28 avril 2026 autour du thème « Durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire ». La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid. À l’issue de sa visite des différents pôles du salon, le ministre s’est dit satisfait : « Le Maroc dispose d’une richesse agricole importante, avec une production diversifiée. Nous avons observé un développement que l’on peut qualifier d’équilibré, chaque région étant représentée à travers ses spécificités agricoles. » Et d’ajouter : « Nous en tirons des enseignements qui nous permettront d’améliorer notre agriculture et d’accroître les revenus de nos producteurs, car c’est là, in fine, l’une des missions qui nous est assignée ».
Rodrigue Cofye
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