Créer un modèle structuré et durable pour les ICC Africaines

Ouvert officiellement le lundi 13 avril 2026 par Dominique Ouattara, la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire en personne, en présence de Françoise Remarck, la Ministre Ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, de Djibril Ouattara, son collègue en charge du portefeuille de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, et d’autres membres du gouvernement de la terre d’éburnie, il faut dire, comme l’a souligné Issiaka Traoré, le Directeur de la Stratégie d’ORUN, que « le but de ce Village est de montrer comment structurer un espace d’innovation pour en faire une porte d’entrée vers notre Héritage. »
C’est donc à cet effet que l’organisation panafricaine, qui s’est donnée pour mission de travailler à la valorisation des ICC Africaines, afin qu’elles deviennent de véritables moteurs du développement durable, de la souveraineté culturelle et du soft power, sur tout le Continent, a réuni la semaine dernière, à la faveur de sa première collaboration avec les organisateurs du MASA, des décideurs publics, des investisseurs, des institutions financières, des étudiants, des artistes, des médias, etc. autour de la conviction fondatrice suivante : La culture n’est pas un secteur secondaire ! Et pour cause.

En croisant les données de l’UNESCO, de la CNUCED (UNCTAD), de la Banque Mondiale et d’Afreximbank, le constat clair qui ressort est que les ICC Africaines, dont la valorisation devrait atteindre 1.000 milliards $ en moyenne par an à l’horizon 2025, sont un véritable vecteur économique pour l’Afrique.
Capables de générer des chaînes de valeur productives et compétitives, ainsi que des emplois durables, elles constituent, aujourd’hui, un réel outil d’influence et de diplomatie internationale pour le Continent. Cependant, si le potentiel est bien là, leur manque de structuration demeure un frein à leur plein épanouissement. D’où l’intérêt de proposer « un modèle de pensée différent pour faire de la créativité Africaine une infrastructure de souveraineté ancrée dans l’héritage de ses peuples. » Estiment les dirigeants d’ORUN. Comment ?


Grâce à « un positionnement stratégique sur toute la chaine de valeur des ICC. » Indique Khalil Thiero, le Directeur des Opérations de ACN, la maison mère d’ORUN. « C’est la raison pour laquelle nous sommes plutôt axés sur la valorisation des savoir-faire ! La construction et la diffusion du bon narratif permettent de valoriser la création, les produits, de développer des e-shop (…) C’est la meilleure façon de créer de la désirabilité envers les talents Africains. » Explique-t-il.
« ORUN est aussi là pour construire des véhicules économiques qui s’appuient sur les ICC pour valoriser la culture et la créativité Africaines à l’échelle mondiale (…) Toutefois, ce que nous construisons ici dépasse un simple projet ! C’est un mouvement qui place l’humain, la créativité et l’engagement au cœur de notre développement. Nous posons les bases d’un écosystème où talents, savoir-faire et innovation se rencontrent pour créer de la valeur durable. Mais tout cela ne se construit jamais seul ! C’est pourquoi nous sommes convaincus qu’en fédérant les compétences, nous sommes sûrs qu’on ira loin. » Ajoute Abdoulaye Diaw, le Directeur Général d’ORUN.






Le vendredi 17 avril 2026, le Village de l’Innovation a été la plateforme de lancement d’un centre d’excellence créatif et entrepreneurial. Inscrit à l’agenda du programme panafricain d’ORUN, cet espace, pensé comme un lieu facilitant la collaboration entre les artisans, les designers, chercheurs, les innovateurs, les créateurs et la technologie pour moderniser les métiers d’art, promouvoir la transformation des matières premières Africaines et consolider des filières industrielles locales, tout autant compétitives que robustes, dans le textile, l’artisanat et le design, prendra forme à Bouaké, la deuxième ville de Côte d’Ivoire. Abdoulaye Diaw a d’ailleurs indiqué, ce jour-là, que sa firme envisage déjà de s’associer avec des institutions de premier plan. « Nous nous inspirons de modèles tels que celui développé par l’Université Mohammed 6 Polytechnique (UM6P) du Maroc. Cet écosystème créatif sera une première en Côte d’Ivoire, pays pilote de cette initiative. L’objectif est de déployer le modèle dans d’autres pays Africains. » A-t-il dévoilé devant Amadou Koné, le Ministre Ivoirien des Transports et Maire de la ville de Bouaké, et Françoise Remarck, la Ministre Ivoirienne de la Culture et de la Francophonie. Présent à ce lancement, aux côtés de plusieurs autres membres du corps diplomatique, Son Excellence Othman El Ferdaous, Ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, a déclaré : « Comme en témoignent des initiatives telles que le Village de l’Innovation d’ORUN ou le MASA, la frontière entre artisanat et industrie tend à s’effacer ! L’enjeu, aujourd’hui, pour le Continent, est de renforcer son autonomie en matière de création et de financement des industries culturelles et créatives, afin de ne plus dépendre de circuits de validation extérieurs. » Participant également à cette première, en sa qualité d’Ambassadrice du Programme d’ORUN, la Miss Côte d’Ivoire 2021 et Miss World Africa 2022, Olivia Yacé a lancé, durant son discours prononcé pour l’occasion : « Nous devons soutenir les industries culturelles avec ambition, non pas comme un secteur secondaire, mais comme un moteur de croissance et d’emploi. En créant un véritable écosystème où designers, artisans et technologies se rencontrent, ORUN ouvre une voie nouvelle : Celle d’une créativité Africaine qui s’enracine dans son héritage tout en se projetant vers l’avenir ! » Le lancement a été précédé d’un panel, sur les enjeux de structuration des chaînes de valeur des ICC, animé par Paul-Harry Aithnard, Directeur Général de Ecobank Côte d’Ivoire et Directeur Régional Exécutif pour la zone UEMOA d’ETI, Jean-Arsène Yerima, Directeur Régional Afrique de l’Ouest Francophone de Afreximbank, et Oumar Diop, Représentant de l’UNESCO en Côte d’Ivoire.
à lire aussi :
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de abidjaneconomie.net même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.


