La Côte d’Ivoire fait face à un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, avec une forte dépendance aux importations de produits vivriers. En 2025, le pays a importé environ 2,9 milliards de dollars (1 740 milliards FCFA) de denrées alimentaires, dont 1,1 milliard de dollars (660 milliards FCFA) pour le riz. Cette situation met en évidence la vulnérabilité de l’économie face aux chocs internationaux.
Le sous-secteur vivrier reste dominé par de petits exploitants agricoles, confrontés à de nombreuses difficultés : faible mécanisation, manque de semences améliorées, faibles rendements, insuffisance d’infrastructures de stockage et pertes post-récolte élevées. À cela s’ajoute un faible niveau de financement, avec seulement environ 6 % des investissements orientés vers l’agriculture.
Malgré ces contraintes, le vivrier représente un secteur à fort potentiel. Porté par la croissance démographique et l’urbanisation, il offre d’importantes opportunités économiques, notamment dans la transformation agroalimentaire et la création d’emplois pour les jeunes et les femmes. Les principales cultures (riz, manioc, maïs, plantain, igname et maraîchage) présentent chacune des défis mais aussi des perspectives de développement importantes.
Dans ce contexte, l’entrepreneuriat agricole, notamment celui des diplômés des écoles de formation agricole, apparaît comme un levier essentiel de transformation. Plusieurs initiatives locales illustrent cette dynamique à travers la production et la transformation de produits vivriers dans différentes régions du pays. Pour accompagner cette évolution, l’État met en place des mécanismes de financement, dont le fonds à coûts partagés, qui a permis de soutenir plus de 1 100 projets pour plus de 23 milliards FCFA.
Le Programme de Développement des Chaînes de Valeur Vivrières (PDC2V) participe également à cette dynamique avec un taux de décaissement d’environ 68,9 %. Enfin, les orientations du Plan National de Développement 2026-2030 visent à moderniser le secteur, renforcer la transformation locale et améliorer la productivité. L’entrepreneuriat agricole apparaît ainsi comme un pilier central pour garantir la sécurité alimentaire et réduire la dépendance aux importations.
Aimé Kouassi
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