En marge de la sixième édition de la Ronde du Social, prévue du 22 au 30 juin 2026 dans la région de l’Indénié-Djuablin, le Directeur de Cabinet du ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Aubin Tapé, a présenté, ce mardi 16 juin 2026 , à Abidjan-Plateau, les grandes orientations de cette initiative.
La rencontre s’est tenue dans le cadre de la tribune hebdomadaire « Tout savoir sur », organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), autour du thème : « Ronde du Social 2026 et Services sociaux de proximité ». D’entrée, le responsable gouvernemental a replacé cette initiative dans la vision sociale de l’État. « La politique sociale de la Côte d’Ivoire vise à garantir à chaque citoyen une protection contre les risques de la vie, notamment la maladie, la maternité, les accidents de travail et la vieillesse », a-t-il rappelé.

Selon lui, la Ronde du Social s’impose désormais comme un outil majeur de proximité. « La Ronde du Social est une caravane administrative et sociale itinérante qui permet de rapprocher les services de protection sociale des populations, en réduisant les barrières géographiques et administratives », a expliqué M. Aubin Tapé. Il a insisté sur le changement de paradigme dans la relation administration-usagers. « Nous passons d’une administration distante à une administration d’écoute, d’action et de proximité », a-t-il soutenu, mettant en avant la logique d’intervention directe sur le terrain.
Au fil des éditions, le dispositif a permis d’enrôler plusieurs centaines de milliers de personnes à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et au Régime Social des Travailleurs Indépendants (RSTI). Une dynamique que le Directeur de Cabinet qualifie de « montée en puissance progressive du système de protection sociale, notamment en faveur du secteur informel ». Pour cette sixième édition, prévue du 22 au 30 juin 2026, la caravane fera étape à Abengourou et Agnibilékrou. « Le choix de l’Indénié-Djuablin se justifie par sa forte vocation agricole et la prédominance des travailleurs du secteur informel, qui constituent une cible prioritaire de notre politique sociale », a-t-il indiqué.
Sur le terrain, un guichet unique sera déployé afin de faciliter l’accès aux services. La CNAM assurera l’enrôlement et la délivrance immédiate des cartes CMU, tandis que la CNPS présentera le RSTI. La CGRAE interviendra, pour sa part, sur les dispositifs liés à la retraite des fonctionnaires. M. Aubin Tapé a également mis en avant les innovations technologiques intégrées au dispositif. « Nous sommes passés d’un système de production différée des cartes à un système permettant, dans certains cas, une délivrance en moins de cinq minutes », a-t-il révélé, soulignant une avancée majeure dans la digitalisation du service public.
Cependant, le responsable a reconnu que des défis persistent. « Le principal défi reste l’adhésion des populations et la régularité du paiement des cotisations, surtout dans le secteur informel », a-t-il affirmé. Il a précisé que « dans le secteur formel, les cotisations sont prélevées automatiquement, mais dans le secteur informel, elles reposent sur une logique volontaire encore insuffisamment adoptée ». Selon les estimations évoquées, « moins de 10 % des travailleurs indépendants sont à jour de leurs cotisations ». Face à cette réalité, les autorités misent sur la sensibilisation. « La cotisation sociale n’est pas une charge, mais une épargne de protection », a insisté M. Aubin Tapé, appelant les populations à une meilleure adhésion.

La stratégie repose également sur une forte implication communautaire. « Nous nous appuyons sur les chefs traditionnels, les élus locaux, les jeunes et les femmes pour porter le message au plus près des populations », a-t-il expliqué, évoquant une approche fondée sur le “sociogramme local”. Enfin, le Directeur de Cabinet a rappelé l’obligation de déclaration des travailleurs. « Toute personne qui emploie un salarié, y compris domestique, doit le déclarer à la CNPS », a-t-il martelé, ajoutant que « la protection sociale est avant tout un acte de justice et de prévention de la précarité future ».
À travers la Ronde du Social et les réformes en cours, les autorités entendent consolider un système plus inclusif et plus accessible. « L’ambition est de bâtir une protection sociale moderne, équitable et durable au service de toutes les populations », a conclu M. Aubin Tapé.
Julien Koffi
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